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DG de villes : essentiellement un monde d'hommes

Pascale Rioux, directrice générale de la Ville de Trois-Pistoles.
Pascale Rioux, directrice générale de la Ville de Trois-Pistoles Photo: Radio-Canada / Samuel Ranger
Radio-Canada

C'est un pouvoir qui s'exerce loin des projecteurs, mais lorsqu'on y regarde de plus près, la direction générale des grandes villes du Québec demeure, pour beaucoup, une chasse gardée des hommes.

Selon les données de l'Association des directeurs généraux municipaux du Québec, environ 80 % des postes de DG dans les grandes villes québécoises sont occupés par des hommes.

Carte représentant les genres de directeurs généraux des principales villes du Bas-Saint-LaurentAu Bas-Saint-Laurent comme ailleurs dans la province, ce sont des hommes qui occupent la fonction de directeur général. Photo : Radio-Canada / Maxence Matteau

Le Bas-Saint-Laurent ne fait pas exception

La situation est la même au Bas-Saint-Laurent : dans les 10 plus grandes villes de la région, on compte 8 hommes et 2 femmes à la direction générale.

Les deux exceptions où les directeurs généraux sont des femmes sont Témiscouata-sur-le-Lac et Trois-Pistoles.

Sept hommes et une femme occupent les postes de directeur général des MRC du Bas-Saint-Laurent. L'exception est la MRC de La Matanie.Sept hommes et une femme occupent les postes de directeur général des MRC du Bas-Saint-Laurent. L'exception est la MRC de La Matanie. Photo : Radio-Canada / Maxence Matteau

7 contre 1 dans les MRC

Le modèle se confirme également à la direction générale des huit MRC du Bas-Saint-Laurent.

On y retrouve sept hommes et une seule femme, Line Ross, qui occupe la fonction à la MRC de la Matanie.

Les directeurs généraux des MRC gèrent des budgets variant de 6 à 13 millions de dollars.

Carte des municipalités de la MRC Rimouski-NeigetteDans la MRC Rimouski-Neigette, la fonction de directeur général est occupée par des hommes dans les quatre plus grandes municipalités et elle l'est par des femmes dans les cinq plus petites Photo : Radio-Canada / Maxence Matteau

Un scénario qui se répète

Même dans les plus petites communautés, cette tendance se confirme. Dans la MRC de Rimouski-Neigette, par exemple, les directeurs généraux des quatre plus grandes municipalités sont des hommes et ceux des cinq plus petites sont des femmes.

Dans la MRC de La Mitis, les cinq plus grosses municipalités, dont Mont-Joli et Sainte-Luce, ont des hommes comme directeur général alors que dans celle de la Matapédia, ce sont les trois plus grandes villes, dont Amqui et Causapscal, qui ont des hommes à cette fonction.

Pourquoi plus d'hommes que de femmes?

Le directeur général de la Ville de Rimouski et président de l'Association des directeurs généraux municipaux, Claude Périnet, estime qu'il n'y a pas de réponse simple pour expliquer cette situation.

Il rappelle qu'historiquement, les ingénieurs, où l'on retrouve une majorité d'hommes, ont souvent occupé la fonction de directeur général dans les villes.

Mais selon lui, les choses doivent changer, car « l'équilibre va permettre de faire évoluer cette profession ».

Les faits restent là quand même. Il faut faire ce constat, et puis favoriser l'ascension des femmes dans cette profession.

Claude Périnet, directeur général de la Ville de Rimouski et président de l'Association des directeurs généraux municipaux du Québec
Claude Périnet, directeur général de la Ville de Rimouski et président de l'Association des directeurs généraux municipaux du QuébecClaude Périnet, directeur général de la Ville de Rimouski et président de l'Association des directeurs généraux municipaux du Québec Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Les choses s'améliorent quand même, dit Claude Périnet. Il en veut pour preuve qu'en 2010 son association ne comptait que 10 % de femmes contre 23 % aujourd'hui.

La situation dans les régions de la Côte-Nord et de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Dans cet esprit, la Côte-Nord fait figure d'élève exemplaire. Il y a parité entre les hommes et les femmes dans les postes de directeur général des 10 plus grandes villes de cette région même s'il faut noter que ce sont des hommes qui occupent cette fonction à Sept-Îles et à Baie-Comeau.

À l'opposé, en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, il n'y a aucune femme dans les directions générales des 10 plus grandes municipalités.

Une question d'époque

La directrice générale de Trois-Pistoles, Pascale Rioux, n'a pas davantage d'explication sur le phénomène.

Elle dit n'avoir jamais vécu de discrimination et demeure persuadée que la situation va changer au cours des prochaines années.

À l'appui de son optimisme, elle rappelle simplement qu'à l'université, il y avait autant de garçons que de filles dans ses cours de gestion et que les mentalités ont changé même dans les comités de sélection pour les plus hautes fonctions.

On ne regarde même plus cela [le sexe des candidats] tellement, c'est la compétence qui prime.

Pascale Rioux, directrice générale de la Ville de Trois-Pistoles
Pascale Rioux, directrice générale de la Ville de Trois-PistolesPascale Rioux, directrice générale de la Ville de Trois-Pistoles Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Une majorité de femmes dans les petites municipalités

Dans les petites municipalités, la situation est tout autre. Ce sont les femmes qui occupent les postes de directeur général à près de 80 %, selon les données de l'Association des directeurs municipaux du Québec.

Le Bas-Saint-Laurent, avec sa multitude de petites municipalités, n'échappe pas à la règle. Sur les 114 municipalités de la région, 74 ont des femmes comme directeur général, mais ce sont surtout de petites municipalités qui dans certains cas comptent à peine plus d'une centaine de résidents.

Ici, l'histoire semble jouer un rôle : à l'époque, les municipalités embauchaient des secrétaires-trésorières.

On est encore accroché au rôle de secrétaire-trésorier. Ça reste encore une vision : ''Ah! c'est une secrétaire municipale!''

Christiane Berger, directrice générale de Saint-Eugène-de-Ladrière

Christiane Berger note que les salaires de ces DG s'accordent ainsi à la perception. Ils sont généralement moindres même si la tâche, elle, devient de plus en plus lourde avec la multiplication des réformes gouvernementales qui accordent ou imposent plus de responsabilités aux municipalités.

Les faibles salaires n'intéressent pas les hommes. Les femmes, souvent, s'en accommodent pour rester près de la famille. Même en 2018.

Christiane Berger, directrice générale de Saint-Eugène-de-Ladrière
Christiane Berger, directrice générale de la Municipalité de Saint-Eugène-de-Ladrière au Bas-Saint-LaurentChristiane Berger, directrice générale de la Municipalité de Saint-Eugène-de-Ladrière au Bas-Saint-Laurent Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Comme Pascale Rioux et Claude Périnet, Christiane Berger pense que ce n'est qu'une question de temps avant que les femmes ne prennent davantage de place dans les municipalités, petites ou grandes.

« Probablement qu'on va y arriver. Probablement », lance-t-elle.

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