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Drame des Broncos : « On est tout seul », témoigne un camionneur

Un homme photographié dans la cabine d'un semi-remorque.
Émile Dupuis, 64 ans, conduit des camions depuis l'âge de 18 ans. Photo: Radio-Canada

Le récent accident qui a coûté la vie à 16 personnes en Saskatchewan lorsqu'un semi-remorque est entré en collision avec un autocar transportant une équipe de hockey résonne particulièrement fort chez un chauffeur routier franco-manitobain. Selon lui, les chauffeurs routiers sont souvent seuls face aux aléas du métier et parfois aux drames.

Un texte de Pierre Verrière

Émile Dupuis conduit des poids lourds depuis l'âge de 18 ans. Son métier l'a amené à voyager travers le Canada et les États-Unis, mais aujourd'hui, à 64 ans, il se cantonne à rouler dans la province du Manitoba, qui l'a vu naître.

Aux commandes de son Peterbilt, il a conscience de la puissance de son engin, mais sait aussi les nombreux risques inhérents au métier de chauffeur routier.

« Avec les années d'expérience sur la route, tu es capable de juger et de deviner ce que vont faire les autres », explique Émile Dupuis. Pour autant, en chauffeur expérimenté il sait qu'il faut « toujours penser pour deux ».

« On doit toujours être sur ses gardes sur la route, car on est tout seul », résume Émile Dupuis.

Il avoue que la tragédie survenue en Saskatchewan l'a beaucoup touché. « La situation me touche, car en tant que père de famille j'ai perdu un jeune homme et je comprends ce que les parents vont ressentir dans le futur. »

Un homme pose devant un semi-remorque.Émile Dupuis pose devant son camion. Photo : Radio-Canada / Pierre Verriere

Il pense aussi au risque que les chauffeurs routiers courent tous les jours sur la route.

« Quand tu démarres le camion le matin, tu te demandes quelle sorte de journée tu vas avoir. Vas-tu avoir une bonne journée, vas-tu avoir une mauvaise journée ? On ne le sait pas à l'avance. »

Émile Dupuis avoue que parfois la solitude des chauffeurs routiers est pesante. « Je dirais qu'au moins 75 % des chauffeurs se sentent seuls derrière le volant, ils sentent qu'il n'y a personne pour les aider. C'est dommage parce que beaucoup de ces chauffeurs vont faire une dépression ou avoir des problèmes à la maison et ne trouver personne pour parler de ce qu'ils vivent. »

De manière générale, Émile Dupuis pense que le métier est méconnu du grand public. « Il n'y a pas beaucoup de personnes qui réalisent ce que cela implique. Beaucoup de gens pensent que chauffer un camion c'est juste se mettre derrière le volant et il n'y a pas d'autre travail à faire, mais ça c'est la partie la plus facile. »

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