•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Lydia Képinski, la musicienne qui n'a pas peur de parler d’argent

L'entrevue de Louis-Philippe Ouimet avec Lydia Képinski
Radio-Canada

L'auteure-compositrice-interprète Lydia Képinski suscite tout un engouement dans le monde de la musique québécoise depuis la sortie de son premier album intitulé Premier juin. Dotée d'un franc-parler désarmant, elle ne cache pas ses ambitions aussi bien artistiques que financières, un sujet parfois tabou dans le milieu culturel.

Une entrevue de Louis-Philippe Ouimet

Lydia Képinski se considère autant comme une artiste que comme une femme d’affaires et s’oppose à ceux qui verraient ces deux vocations comme incompatibles. « Je pense que c’est important d'être maître chez nous [...], d’avoir la main dans ses affaires et de voir l’argent passer », affirme-t-elle.

« Des fois, il y a des artistes qui disent : “Ah non, moi je ne veux pas parler d’argent, l’argent, ça me fait chier, moi, je fais de l’art, moi, je suis un poète.” Tu es dans une société capitaliste, et ce n’est pas avec des poèmes que tu vas détruire le capitalisme, c'est un système trop établi, observe-t-elle. Moi, en tant qu'entreprise, dans un système capitaliste, j'ai plus de pouvoir qu'un citoyen. »

L’artiste croit que les musiciens de sa génération, qui ont grandi alors que l’industrie du disque s’écroulait, ont davantage le réflexe de se débrouiller avec peu de moyens. « Je pense qu’on est hyper créatifs pour trouver des moyens de rentabiliser ce qu’on fait. […] C’est sûr que c’est toujours intéressant que ce soit lucratif. »

De la pop soignée

Pour expliquer tout l’intérêt médiatique entourant la sortie de son premier album au début du mois d’avril, Lydia Képinski répond « humblement » que c’est parce que « les chansons sont bonnes ». Ainsi, la jeune chanteuse se réclame de la musique populaire.

C’était important qu’il y ait du rythme, de la cadence, et que ce soit le fun à écouter. Ce n’est pas parce que les sujets sont dramatiques qu’on ne peut pas danser [sur les chansons].

Lydia Képinski

Parmi ses sources d'inspiration, elle cite le chanteur André « Dédé » Fortin et le groupe Harmonium. Elle parle aussi de l'album de Serge Gainsbourg Histoire de Melody Nelson comme d'une influence musicale majeure. « Par rapport à l’équilibre de la pop, pour moi, Serge Gainsbourg, c’est la quintessence. […] Il a réussi à faire une musique qui est originale, qui plaît et qui est populaire. »

Lydia Képinski a affirmé un jour, au sujet de la sortie de son premier album : « Ça passe ou ça casse. »

« Jusqu'ici, force est de constater que ça fonctionne très bien », remarque-t-elle.

Musique

Arts