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Faut-il suspendre le permis de conduire pour raisons de santé?

Une auto-patrouille de la Police provinciale de l'Ontario
Une auto-patrouille de la Police provinciale de l'Ontario Photo: La Presse canadienne / Geoff Robins
Radio-Canada

Un jury du coroner a recommandé jeudi au gouvernement de l'Ontario d'accorder le droit aux policiers de suspendre le permis de conduire des automobilistes, dont la santé physique ou mentale est jugée compromise. Mais une telle mesure serait-elle utile?

Un texte de Bienvenu Senga

En Alberta, par exemple, la disposition qui est prévue dans la loi depuis 2012, est rarement employée par les policiers, selon le coordonnateur de la sécurité routière d'Edmonton, Kerry Bates.

« La plupart des personnes interceptées acceptent généralement d’arrêter de conduire avant d’être rétablies », note-t-il. Il estime que la suspension de permis pendant 24 heures pour des raisons médicales n’est utilisée qu'une fois tous les six mois à Edmonton.

Le sergent de la police d'Edmonton Kerry BatesLe sergent de la police d'Edmonton Kerry Bates Photo : Police d'Edmonton

À noter : Tous les cas de suspension de permis de 24 heures en Alberta sont classés dans la même catégorie par les services policiers de la province. Il est donc difficile de recueillir les données exactes portant sur les cas de retrait temporaire de permis pour des raisons médicales.

Le sergent Bates pense malgré tout qu'une telle mesure est utile.

C’est quand même un outil qu’il faut avoir pour s’assurer de pouvoir garder les conducteurs en sécurité.

Kerry Bates, police d'Edmonton

Le rétablissement du permis au conducteur après la période de suspension se fait à la discrétion des agents de police, précise le sergent Bates.

En Ontario, la recommandation a été émise au terme de l’enquête du coroner sur les circonstances de la mort de Walter Blight jeudi.

L’homme de 72 ans originaire d’Elliot Lake a perdu la vie le 16 juillet 2015 dans une collision routière sur la route 69 près de Sudbury.

Inquiets de la manière dont il conduisait, des policiers avaient tenté à plusieurs reprises de l’empêcher de prendre le volant, mais en vain.

Mark AndrewsMark Andrews, ancien chef de la division de la sécurité routière de la PPO pour la région. Photo : CBC/Angela Gemmill

L’ancien chef de la division de la sécurité routière au sein de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) dans le nord-est de la province, Mark Andrews, a été appelé à témoigner lors de l’enquête.

Il croit qu'une telle mesure peut être utile, mais présenter des lacunes. « Certaines maladies comme la démence et l’Alzheimer se manifestent de manière progressive et ne disparaissent pas après 24 heures », dit-il.

En tout, le jury a fait 27 recommandations au gouvernement, au ministère des Transports, à l’Ordre des médecins et des chirurgiens de l’Ontario, au Collège de police de l’Ontario et aux divers services policiers de la province.

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