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Les nouveaux sentiers de Winnipeg servent de laboratoire « naturel » pour une recherche sur la santé du coeur

Un groupe de marche suit un trottoir vers la rivière d'où une affiche de la Ville de Winnipeg indique « The Passage ».
La construction de nombreux sentiers urbains à Winnipeg entre 2010 et 2012, permet aux chercheurs d'examiner l’effet de l’ajout de ces sentiers sur la santé de la population. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La capitale manitobaine est le lieu d'une « expérience naturelle » unique au Canada. La construction de 110 kilomètres de sentiers urbains dans 50 quartiers de la ville fait l'objet d'une étude qui se terminera en 2019 et qui cherche à déterminer si ces sentiers améliorent la santé cardiaque en encourageant l'activité physique.

Un texte de Gavin Boutroy

Le chercheur à l’institut de recherche de l’Hôpital pour enfants du Manitoba, Jonathan McGavock, n’est pas satisfait des études précédentes à ce sujet.

« Il y a un problème avec les études qui ont été faites au Canada et ailleurs. C’est moi qui choisis le quartier dans lequel je veux vivre. Donc, si je vis dans un quartier où c’est facile de marcher, peut-être que c’est parce que moi, je veux marcher tout le temps. C‘est difficile de dissocier le quartier où je vis de mes préférences pour l'activité physique », indique-t-il.

La construction d’un grand nombre de sentiers urbains à Winnipeg, entre 2010 et 2012, donne aux chercheurs l'occasion d'examiner l’effet de la présence de ces sentiers sur la population locale. Et c'est là, dit le Dr McGavock, que l'étude pourrait apporter des réponses originales.

On avait à Winnipeg une expérience naturelle qui n’a jamais été faite au Canada [parce que] on a augmenté le nombre de sentiers pour faire du vélo, marcher ou courir, sur plus de 100 kilomètres.

Jonathan McGavock, chercheur

L'étude cherche ainsi à déterminer si la construction d’un sentier dans un quartier améliore la santé cardiaque de la population, explique le Dr McGavock, qui est aussi professeur associé à l’Université du Manitoba.

« Est-ce que ça va réduire le taux de maladies cardiaques, demande-t-il. Est-ce que ça va réduire le nombre de personnes avec le diabète du type 2? Est-ce que ça va réduire le nombre de personnes qui ont besoin de médicaments pour une maladie cardiaque dans les années qui suivent la construction de sentier? »

Conseiller l’individu ou la collectivité?

Le Dr McGavock note que son étude a aussi une dimension prescriptive. Il s’agit, dit-il, d’examiner une politique qui pourrait améliorer la santé cardiaque de la population sans dire à des individus quoi faire. Au lieu de dépenser de l’argent pour recommander à des personnes d’arrêter de fumer ou de manger plus sainement, le gouvernement donnerait de l'argent à des initiatives visant toute la collectivité, explique-t-il.

« Est-ce des interventions dirigées vers le public entier, s’interroge-t-il, peuvent éliminer la nécessité de faire des recommandations individuelles, pour changer la vie de toute la population? »

Il ajoute que les comportements qui nuisent à la santé cardiaque, comme le fait de fumer ou de ne pas bien s'alimenter, sont plus communs parmi les personnes plus pauvres ou moins instruites.

« [L’idée est d’offrir un coup de pouce] pour rendre plus faciles les activités [qui favorisent une bonne santé]. Donc, si ce n’est pas possible d'acheter de la nourriture saine, est-ce que [au moins] c’est plus facile d’être actif? », dit M. McGavock.

Le chercheur participera à la conférence Mode Shift, à Winnipeg, du 15 au 20 avril, qui rassemble des experts internationaux sur le lien entre la santé et l’environnement.

L’étude, qui a démarré en 2016, doit se conclure en octobre 2019.

Recherche médicale

Science