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Crabe des neiges et baleines noires : les travailleurs d’usine en paieront-ils le prix?

Travailleurs qui traitent du crabe des neiges dans une usine
Les travailleurs d'usine qui dépendent de la pêche du crabe des neiges sont inquiets. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des travailleurs d'usine qui dépendent de la pêche au crabe des neiges craignent d'avoir trop peu de semaines de travail pour être admissibles à l'assurance-emploi.

Avec la saison de pêche écourtée dans une zone importante et des pêcheurs du Nouveau-Brunswick qui songent à vendre le crabe des neiges au Québec, les travailleurs d’usine sont inquiets.

Certains d’entre eux, comme Blondine Savoie, doivent déjà se serrer la ceinture.

Faut pas qu'il y ait d'urgence ou qu'il ne m'arrive rien dans le mois. Sinon. je suis foutue, foutue, foutue.

Blondine Savoie
La dame chez elle en entrevue.Blondine Savoie est une travailleuse saisonnière qui craint pour sa qualification à l'assurance-emploi. Photo : Radio-Canada

Cette travailleuse saisonnière de 57 ans sera dans le trou noir de l'assurance-emploi d'ici deux semaines. Son seul espoir est d'enfiler son habit de travail d'ici là. Mais voilà qu’elle doit déjà craindre pour sa prochaine admissibilité à l’assurance-emploi.

« Nous autres, les travailleurs, on est les perdants, dit-elle. Si la baleine est dans le golfe, puis que les pêcheurs peuvent pas pêcher, on va en souffrir les conséquences. Si le pêcheur s'en va vendre aux îles [de la Madeleine] et à Chéticamp, on est encore les perdants. »

Il y a des nuits où je ne dors pas. Quand tu sais pas [si] l’argent va entrer et comment tu vas faire pour survivre, puis que tu sais que tu vas être obligée d'aller au salaire minimum, tu vas vivre encore plus pauvre que pauvre là.

Blondine Savoie
La dame regarde son habit. Blondine Savoie espère pouvoir enfiler son habit de travail le plus tôt possible. Photo : Radio-Canada

L'ambiance est la même sur le quai de Val-Comeau. Plusieurs travailleurs d'usine réunis vendredi matin discutaient de la saison la boule au ventre.

« Les gens sont insécures, affirme Fernand Thibodeau, porte-parole du comité d’action sur l’assurance-emploi. Ils ont peur. Ils se demandent ce qui va se passer. J'ai beaucoup d'appels. J'ai beaucoup de messages à répondre. Je n'ai pas les réponses aux questions que je [pose]. J'attends encore ces réponses-là, mais les gens sont très préoccupés. »

Les travailleurs saisonniers attendent des réponses du gouvernement et ont déjà prévu de manifester à Tracadie et Shippagan le mardi 17 avril.

D'après un reportage d'Héloïse Bargain

Nouveau-Brunswick

Emploi