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L'installation de petits réacteurs nucléaires dans les mines à l'étude

Le logo du nucléaire
. Photo: Pixabay
Radio-Canada

Des chercheurs étudient la possibilité de développer de petits réacteurs nucléaires modulaires (PRM) afin de produire de l'électricité dans les mines et les communautés isolées.

Un texte de Justine Cohendet

L’entreprise Bruce Power vient d’accorder un financement d’un million de dollars sur cinq ans à l’Université Laurentienne et à l’organisme à but non lucratif MIRARCO pour étudier le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires dans les mines du nord de l'Ontario.

Une centrale nucléaire vue des airsLa centrale nucléaire de Bruce Power vue des airs Photo : La Presse canadienne / J.P. Moczulski

Cette technologie connaît un intérêt grandissant au Canada, comme à l’international. Le gouvernement fédéral a annoncé, fin février, qu’il souhaitait étudier le potentiel de ces mini-réacteurs.

Selon Kaylie Dudgeon, porte-parole de l’organisme MIRARCO, les mini-réacteurs nucléaires vont permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre des minières, dont l’énergie est en grande partie produite par des moteurs au diesel.

Il n’existe pas d’autre énergie renouvelable qui puissent produire une énergie [...] qui fonctionne aussi bien dans les régions lointaines avec ce coût, que celle du nucléaire.

Kaylie Dudgeon, porte-parole de l’organisme MIRARCO

Pas de comparaison avec les énergies renouvelables

Une étude menée par la firme Hatch et commandée par le gouvernement indique que les mini-réacteurs pourraient être plus rentables que les moteurs au diesel. Mais les résultats de cette étude sont seulement à « valeur indicative, en raison des nombreuses incertitudes qui entourent le PRM », précise l'étude.

Shawn-Patrick Stensil, conseiller principal en énergie chez Greenpeace Canada, regrette qu’aucune comparaison n’ait été faite avec les énergies renouvelables.

Ils n’ont jamais évalué si des micro-réseaux basés sur les énergies renouvelables et des batteries seraient plus sécuritaires et moins chers.

Shawn-Patrick Stensil , conseiller principal en énergie chez Greenpeace Canada

« On retrouve les mêmes problèmes avec les petits réacteurs modulaires qu’avec les centrales nucléaires », poursuit-il. Selon lui, en plus d’être onéreuse, cette technologie produit des déchets radioactifs et n’est pas sécuritaire.

Un pari sur le long terme

Guy Marleau, professeur en génie nucléaire à l’École Polytechnique de Montréal, qui reconnaît que le coût de la construction peut être élevé, estime que le développement de cette technologie est un pari sur le long terme.

« Le coût de l’installation est très cher, mais à long terme c’est quelque chose qui pourrait être très payant, parce que c’est un peu comme si on allait installer une pile et que l’on attendait dix ans que la pile se décharge », estime-t-il.

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