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Traité du fleuve Columbia : les négociations s’annoncent difficiles

Une vue panoramique du fleuve Columbia, avec, en avant-plan, le belvédère Crown Point, en Oregon.

Le fleuve Columbia, entre l'Oregon et l’État de Washington

Photo : Associated Press / Don Ryan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les négociations entre le Canada et les États-Unis à propos du renouvellement du traité du fleuve Columbia doivent s'amorcer ce printemps.

Un texte de Benoit Clément

Le traité international a été ratifié en 1961, pour gérer le régime fluvial et construire des barrages hydroélectriques le long du fleuve. Les États-Unis croient toutefois qu’il est temps de moderniser le traité, et surtout, de revoir les modèles de paiement.

Une carte du fleuve Columbia, sur la côte ouest des États-Unis et du Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le fleuve Columbia prend sa source au Canada, et s’écoule jusqu’au Pacifique en passant par les États de Washington et de l’Orégon. Le bassin hydrographique du fleuve est illustré en jaune.

Photo : Radio-Canada

L'origine du traité

En 1948, une série d’inondations destructrices a ravagé plusieurs communautés le long du fleuve Columbia, de Trail en Colombie-Britannique jusqu’à Astoria, en Oregon. Le niveau du fleuve est monté de 9 m, et l’eau a complètement détruit Vanport, la deuxième ville en importance de l'Oregon à l'époque.

Les États-Unis et le Canada se sont alors lancés dans des négociations sur une entente possible pour mieux gérer le niveau du fleuve, en construisant des barrages hydroélectriques. Ces barrages permettraient également de transformer des secteurs en terres inondables, et plus tard, de produire de l’énergie pour alimenter les états membres.

L'élaboration du traité du fleuve Columbia a duré plus de 15 ans. Il a été signé en 1961 et est entré en vigueur en 1964.

Vue aérienne du barrage Duncan, avec le lac Duncan en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le barrage Duncan, dans les montagnes Purcell, est le premier barrage à être construit grâce au traité du fleuve Columbia.

Photo : Gouvernement de la Colombie-Britannique

Des gains des deux côtés de la frontière

La Colombie-Britannique, l’entité canadienne dans le traité, s’est engagée à construire trois barrages sur son territoire : le barrage Keenleyside, à l’ouest de Castlegar, le barrage Mica, au nord de Revelstoke, et le barrage Duncan, au nord de Nelson.

Ces trois barrages permettent de mieux contrôler les crues du fleuve Columbia, ce qui permet ensuite aux barrages américains d'augmenter leur production d’hydroélectricité.

De leur côté, les États-Unis se sont engagés à compenser la province pour la construction de ces barrages et pour les avantages en aval dont bénéficient les Américains, notamment l’augmentation de la production d'énergie.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique dit que les paiements qu'il reçoit chaque année sont d’environ 120 millions de dollars, selon la valeur de l’électricité sur les marchés.

Des étudiants mangent à une table, devant l'imposant barrage Grand Coulee, sur le fleuve Columbia. Les vannes laissent échapper une grande quantité d'eau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le barrage Grand Coulee, dans l’État de Washington, est la plus importante centrale hydroélectrique aux États-Unis.

Photo : Associated Press / Nicholas K. Geranios

Un traité sans date d’expiration

Même si le Traité du fleuve Columbia n’a pas d’échéance, depuis 2014, le Canada ou les États-Unis peuvent y mettre fin en donnant 10 ans de préavis. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a laissé entendre qu’il est largement satisfait du traité tel qu’il est rédigé. Les États-Unis, eux, croient qu’il faut le revoir de fond en comble.

Les Américains veulent d’abord réduire leurs obligations financières. L’administration croit avoir remboursé amplement le coût de la construction des barrages et croit que les paiements devraient varier selon l’utilisation des barrages par le Canada.

Les États-Unis croient aussi qu’il faut discuter d'éventuels programmes pour restaurer le passage de saumons le long du fleuve, afin de leur permettre de frayer au Canada.

Le Canada a tout à perdre

Les négociations risquent d’être difficiles pour le Canada, selon Richard Paisley, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique et expert en droit international de l’eau.

« Les États-Unis paient beaucoup d’argent au Canada, en vertu de ce traité, mais d’autres lois américaines les empêchent de bénéficier pleinement des avantages mentionnés dans le traité », explique-t-il.

« Chaque jour que le Canada ne négocie pas, il empoche de l’argent en paiements de ce traité. »

— Une citation de  Richard Paisley, professeur en gouvernance de l’eau, Université de la Colombie-Britannique

Richard Paisley dit également que ce ne sont pas les seules négociations en cours entre les deux pays. « Le dossier du Canada contient l’ALENA, le bois d’oeuvre, le saumon du Pacifique, et tout est géré par une même personne à Washington. Le traité du fleuve Columbia n’est probablement pas le plus important en ce moment », croit-il.

Le département d’État américain a annoncé en décembre dernier que les négociations entre les deux pays, au sujet du Traité du fleuve Columbia, allaient commencer en 2018.

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