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  • La tordeuse des bourgeons d’épinette : un insecte qui nous passe un sapin

    Une chenille de la tordeuse des bourgeons de l'épinette s'apprête à manger des aiguilles d'un arbre conifère.

    La tordeuse des bourgeons de l'épinette a détruit de grandes quantités de conifères au Canada

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Connaissez-vous l'insecte le plus destructeur des conifères d'Amérique du Nord? On vous présente la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Un nom trompeur, car ce dont elle raffole, ce sont surtout les sapins adultes. Comme le révèlent nos archives, les forêts de toutes les provinces canadiennes ont été ravagées par ces envahisseurs. 

    Un insecte vorace et nuisible

    La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un insecte indigène à l’Amérique du Nord. Elle se reproduit de manière cyclique. Sa population augmente graduellement pour atteindre un niveau épidémique tous les 30 ans environ. Le Canada a connu trois épisodes d'épidémie au cours du 20e siècle. Le dernier est apparu à partir de la fin des années 1960 et a sévi jusqu’au début des années 1980.

    La semaine verte, 10 juillet 1977

    L’émission La semaine verte a consacré plusieurs reportages à cet insecte nuisible. Dans celui du 10 juillet 1977, le journaliste Pierre Perrault nous présente le modus operandi de l’insecte.

    C’est la chenille, qui émerge de son abri hivernal vers la fin avril, qui cause les dégâts. Elle pénètre dans les bourgeons dès que ceux-ci ont commencé à se développer. Elle se nourrit de jeunes aiguilles en voie de croissance.

    Pierre Perrault

    Au Québec, c’est possiblement la région de la Gaspésie qui subit le pire de l’invasion. L’industrie forestière est un pilier de l’économie de la région. Les arbres tués ne peuvent servir aux papetières, qui menacent de licencier leurs travailleurs.

    On comprend dans ce contexte les efforts considérables d’éradication déployés par le gouvernement du Québec. On utilise la manière forte. On fait de l’épandage sur d’immenses surfaces de forêt d’insecticides chimiques qui ne peuvent, au mieux, que contrôler la population.

    Des choix déchirants au Nouveau-Brunswick

    L’économie de la Gaspésie est affaiblie par l’invasion de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Plus à l’est, dans les provinces de l’Atlantique, la crise est encore plus aiguë.

    Hebdo-Samedi, 10 octobre 1978

    Au Nouveau-Brunswick, c’est l’économie de la province qu’elle a menacée d'effondrement. Les méthodes d’éradication de l’épidémie ont aussi profondément divisé les Néo-Brunswickois. C’est ce que confirme en introduction Achille Michaud, animateur de l’émission Hebdo-samedi le 21 octobre 1978.

    65 millions d’acres de terres infestées. Au Nouveau-Brunswick, on parle d’une épidémie à l’échelle de toute la province. Le problème est d’autant plus inquiétant que l’économie de la province est fondée sur l’industrie des pâtes et papiers.

    Achille Michaud

    Le reportage de la journaliste Louise Imbeault révèle le grand déchirement qu’éprouve la population du Nouveau-Brunswick. Que faut-il sauver? Les emplois menacés par la voracité de l’insecte ou la santé de la population mise en danger par l’utilisation de produits chimiques pour enrayer l’épidémie?

    Je vais vous parler de quelque chose qui rend les gens malades et qui les tue.

    Lucrécia Gauvin, association Concerned Parents.

    Certaines études à l’époque font un lien entre l’épandage d’insecticides chimiques et le syndrome de Reye, qui provoquerait, chez les enfants, une grippe suivie d’un blocage des reins et du cerveau et d’un coma mortel. Dans les années 1970, on aurait recensé 25 cas dans les provinces de l’Atlantique, dont 13 au Nouveau-Brunswick.

    En 2018, la tordeuse des bourgeons de l’épinette constitue toujours une menace. En février 2018, les gestionnaires de forêts privées du Québec demandent 10 millions de dollars pour la remise en production des peuplements de conifères détruits par les chenilles de la tordeuse.

    Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a inscrit 75 millions de dollars pour appliquer la phase 2 de la lutte contre l’invasion. Cette aide est réservée uniquement aux provinces de l’Atlantique.

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