•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • Syrie : le régime Al-Assad abonné à la guerre contre sa population et contre les États-Unis

    On voit un gros plan du président Hafez Al-Assad assis.
    Reportage du journaliste Gil Courtemanche sur la Syrie de Hafez Al-Assad à l'émission Le point du 1er février 1984 Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    En Syrie, la cruauté ne connaît plus de bornes. Le 7 avril dernier, le président Bachar Al-Assad aurait utilisé un agent chimique contre la population vivant dans le bastion rebelle de Douma. Nos archives révèlent qu'à travers les années, la dictature des Assad n'a jamais hésité à massacrer pour se maintenir le pouvoir.

    Depuis sept ans, la Syrie est plongée dans la guerre civile. Selon un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’homme publié il y a un mois, 353 935 personnes ont été tuées depuis le 15 mars 2011. À ces victimes s’ajoutent maintenant celles de la ville de Douma.

    Le 1er février 1984, l’émission Le Point se consacrait à un reportage du journaliste Gil Courtemanche tourné en Syrie. Le président syrien alors est Hafez Al-Assad, le père de Bachar.

    Des similitudes frappent entre la situation de la Syrie de cette époque et celle d’aujourd’hui. Gil Courtemanche nous montre un président prêt à tout pour écraser la dissidence et garder le pouvoir. Le journaliste rappelle, dans un commentaire qui glace le sang, l’horrible sort qu'Al-Assad père a réservé à Hama, une ville qui s’est révoltée contre lui.

    Hama, c’est le centre de l’intégrisme musulman en Syrie. […] qui constituait la seule opposition au président Al-Assad. Le 2 février 1982, à minuit, du minaret des mosquées est lancé l’appel au djihad contre le régime athée du président Al-Assad […] La riposte est brutale. Du massacre qui a suivi, il reste peu de traces. Hama ne pourra cependant jamais oublier que 10 000 personnes ont été massacrées en quelques jours par le président Al-Assad. Comme le dit le gouvernement, ʺil n’y a plus de problème intégriste en Syrie.ʺ

    Gil Courtemanche, journaliste

    L’autre similitude c’est l’hostilité que la Syrie des Assad a toujours provoquée aux États-Unis. On constate que la Syrie des Assad a toujours été en guerre contre les États-Unis. Depuis le début des années 1970, Washington voit la Syrie des Assad, alliée de l’Union soviétique, comme une ennemie qu’il faut neutraliser.

    L’objectif américain est cependant loin d’être facile à atteindre, comme le souligne Karim Pakradouni, à l'époque conseiller du président libanais Amine Gemayel. Ses commentaires portent sur la situation géopolitique de 1984. La proximité de son analyse avec celle de 2018 est quand même assez troublante.

    Je peux dire que si la situation continue à être ce qu’elle est, c’est-à-dire restant dans un jeu limité, ouvert avec tout le monde, mais jamais un jeu total. Si cette politique continue, je suis convaincu que la Syrie pourra vaincre même les États-Unis.

    Karim Pakradouni, conseiller du président du Liban Amine Gemayel et proche ami du président Hafez Al-Assad

    Voilà des éléments que devra jauger avec précaution le président Trump s’il veut franchir la fameuse « ligne rouge » et intervenir en Syrie.

     Encore plus de nos archives

    Archives

    International