•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les nids des fous de Bassan bientôt sous la loupe des chercheurs

Couple de fous de bassan. L'incubation de l'oeuf dure 44 jours. Elle est suivie d'une période de nourrissage de 91 jours.

L'incubation de l'oeuf dure 44 jours. Elle est suivie d'une période de nourrissage de 91 jours.

Photo : Radio-Canada/William Bastille-denis

Radio-Canada

Cette année, la saison de terrain pour étudier la plus grosse colonie de fous de Bassan au monde, située sur l'île Bonaventure, commencera quelques semaines plus tôt, soit au début de mai plutôt qu'à la fin du mois. Les chercheurs veulent être présents dès la délicate période d'incubation des oeufs.

Un texte de Brigitte Dubé, d'après une entrevue réalisée par Maude Rivard

Selon le doctorant en biologie à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) David Pelletier, intervenir plus tôt permet de couvrir une plus longue partie de la période de reproduction.

Deux fois par jour, Olivier et Gabrielle observent les mêmes 181 nids et notent si les parents et le poussin s'y trouvent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux fois par jour, Olivier et Gabrielle observent les mêmes 181 nids et notent si les parents et le poussin s'y trouvent.

Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose

Auparavant, les chercheurs arrivaient à la fin de mai, alors que les oiseaux avaient déjà pondu. « On veut s’assurer de capturer les oiseaux dès le début pour installer un système global de positionnement [GPS] qui nous permettra de connaître leur aire d’alimentation et leur comportement lié à l’alimentation », précise David Pelletier.

Des prélèvements sanguins sont aussi effectués afin de mesurer différents paramètres ayant trait à l’état de santé des fous de Bassan, pour voir de quelle façon ils répondent au stress.

Manque de nourriture à la période cruciale d’incubation

« On avait déjà constaté que beaucoup moins de jeunes se rendaient à l’étape de l’envol, souligne M. Pelletier. On essayait de comprendre ce qui se passait à ce niveau-là, sauf que dans les dernières années, on s’est rendu compte qu’il y avait des difficultés au niveau du succès de l’éclosion. Souvent, la femelle pond un oeuf, mais ne réussit pas à l’incuber jusqu’à l’éclosion. »

Un chercheur tient fermement le corps et le bec d'un oiseau. Les étudiants doivent tenir le bec et les ailes durant les manoeuvres, sinon ils pourraient être blessés par l'oiseau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les étudiants doivent tenir le bec et les ailes durant les manoeuvres, sinon ils pourraient être blessés par l'oiseau.

Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose

Ces difficultés seraient liées à la diminution des stocks de nourriture. « En ce qui concerne l’incubation et le nourrissage des poussins, on émet l’hypothèse qu’il est de plus en plus difficile de trouver des proies dans l’écosystème marin », suppose le chercheur.

On constate qu’il y a une importante diminution des quantités de maquereau et de hareng, les proies préférées du fou de Bassan.

David Pelletier, doctorant en biologie à l'UQAR

« Les stocks de hareng de printemps sont pratiquement à terre, ajoute M. Pelletier. Il est particulièrement important pour la période d’incubation. »

Cette hypothèse expliquerait l’échec de l’éclosion.

Les parents doivent parcourir des distances de plus en plus importantes pour trouver la nourriture et passent de moins en moins de temps auprès des oeufs.

David Pelletier, doctorant en biologie à l'UQAR

M. Lavoie estime avoir acquis une bonne connaissance du succès de reproduction sur plusieurs années pour une centaine d’individus. « On veut comprendre pourquoi certains sont plutôt vulnérables alors que d’autres sont plutôt résilients », explique-t-il.

Il mentionne qu’en 2012, le taux de succès de la reproduction était exceptionnellement bas, soit de 4 %. Dans les années 1990 et avant, un taux de 75 % à 80 % était la norme.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Biologie