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Les reines d'Égypte honorées dans une exposition montréalaise

Le reportage de Mélanye Boissonnault

Elles ont été des femmes fortes, puissantes, et ont connu un destin exceptionnel ; le Musée Pointe-à-Callière, à Montréal, leur rend hommage dans une exposition qui rassemble plus de 300 pièces, dont plusieurs exceptionnelles. C'est l'occasion de plonger dans l'univers de ces reines et de leur civilisation éternelle.

Un texte de Catherine François

Femmes d'exception

Ahmès-Néfertary, Hatchepsout, Néfertiti, Néfertari, Isis-Néféret, Touy (la mère de Ramsès II), Tiyi (la mère d’Akhénaton), les noms de ces femmes continuent de résonner dans nos mémoires malgré les siècles qui passent. Plusieurs des artefacts présentés dans cette exposition leur ont appartenu personnellement et proviennent du Musée égyptien de Turin, qui possède la plus grande collection égyptienne après celle du Musée du Caire.

« La femme était bien plus libre et présente dans la civilisation égyptienne qu’elle ne l’a été dans la Grèce antique », explique Francine Lelièvre, directrice du Musée Pointe-à-Callière. La femme égyptienne pouvait divorcer. Elle avait une égalité juridique avec les hommes. Elle pouvait être propriétaire d’un domaine agricole, être prêtresse, etc.

Trois statues en pierre de la déesse Sekhmet son exposées. Cette dernière incarnait la puissance et était représentée avec une tête de lionne.Trois statues de la déesse Sekhmet, qui incarnait la puissance et était représentée avec une tête de lionne. Photo : Radio-Canada / Catherine François

Les mères des pharaons, comme leurs grandes épouses royales, avaient également un rôle actif dans la gestion du royaume : beaucoup ont gouverné elles aussi ou étaient de précieuses conseillères pour le pharaon. Hatshepsout est même devenue pharaonne. Sans oublier les couples mythiques qu’ont été Néfertiti et Akhénaton, et Néfertari et Ramsès le Grand (ce dernier a même élevé sa femme au rang de divinité, comme lui, et ne s'est jamais vraiment remis de sa mort; il lui a fait construire le plus somptueux tombeau jamais construit pour une reine dans la vallée des reines et l'a aussi fait représenter à ses côtés dans l’extraordinaire temple d’Abou Simbel).

Les Égyptiens vénéraient également de nombreuses déesses, Isis, Sekhmet, Hathor, Bastet, Maât (qui veille à l’équilibre du monde).

La tombe de Néfertari

La pièce maîtresse de cette exposition est sans conteste la salle qui reproduit le tombeau de la reine Néfertari, dans laquelle le visiteur peut voir ce qu’il reste de son sarcophage en granit et plusieurs des objets qui ont été retrouvés dans sa tombe. Le tout a été découvert en 1904 dans la vallée des reines par l’archéologue italien Ernesto Schiaparelli, qui a été directeur du musée turinois.

Les restes endommagés du sarcophage de Néfertari, la pièce vedette de l'exposition.La tombe de Nefertari est la pièce vedette de l'exposition. Voici ce qu'il reste de son sarcophage. Photo : Radio-Canada / Catherine François

Une douzaine de sarcophages magnifiquement bien conservés sont aussi exposés, ainsi qu’une momie et les ustensiles dont les embaumeurs se servaient pour momifier les morts. Le visiteur comprend ainsi l’importance que le concept de vie éternelle occupait dans cette civilisation égyptienne du Nouvel Empire.

Dans le harem royal égyptien

En plus de ces salles consacrées à la vie éternelle, l’exposition consacre tout un espace au harem, ce qui permet au visiteur d’entrer dans le quotidien de ces reines et princesses, femmes et sœurs du pharaon.

« La vie dans le harem ne ressemblait pas à celle des harems dans le monde arabe : la femme y était libre, elle y passait du bon temps; les enfants vivaient également là et c’était un lieu de vie agréable », précise Francine Lelièvre. Le savon n’existait pas à l’époque, mais les femmes disposaient de toutes sortes de produits pour prendre soin de leur corps et de leur beauté, des produits que les visiteurs peuvent découvrir dans cette salle : crèmes et onguents pour nourrir la peau, fards, poudre et légendaire khôl, peignes pour les cheveux, parfums et bijoux somptueux.

Plusieurs objets qu'utilisaient des Égyptiennes pour soigner leur hygiène sont exposés.Petits pots, onguents, pommades, poudres, fards : les Égyptiennes prenaient soin de leur beauté. Photo : Radio-Canada / Catherine François

Mais le harem royal n’était pas qu’un lieu de festivités et de plaisirs divers. Il intégrait une école pour les enfants. On y menait aussi des activités agricoles et on y produisait des textiles et des produits artisanaux.

Cette salle de l’exposition nous offre une incursion intime dans cet univers où la femme égyptienne, plus particulièrement la grande épouse royale, régnait sans partage.

L’ensemble de cette exposition est habilement théâtralisé par la projection de vidéos conçues par Ubisoft, qui a « reconverti » l’un de ses jeux vidéo ayant pour cadre l’Égypte antique en l’expurgeant des scènes de combat pour produire ces scènes de la vie quotidienne dans le Nouvel Empire égyptien. Un mariage réussi entre la technologie numérique de notre siècle et une civilisation éternelle.

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