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Quand l'école marie les passions des élèves au français

Deux élèves vus par le biais d'un écran d'une caméra
L'École de la Rose sauvage, à Calgary, a créé un téléjournal où les élèves apprennent de nouvelles techniques tout en améliorant leur français. Photo: Radio-Canada / Audrey Neuveu
Radio-Canada

Fini les longues récitations de conjugaison et les poèmes désuets! Dans les écoles francophones du sud de l'Alberta, le français s'apprend de plus en plus au moyen d'activités extrascolaires qui font appel aux passions des élèves. Et les résultats sont là.

L’École secondaire de la Rose sauvage, située dans le nord-ouest de Calgary, a créé un téléjournal, à l’automne dernier, dans son atelier multimédia. Les élèves diffusent les nouvelles de l’école à l'intention de leurs camarades.

Passionnés de logiciels ou amusés par l’univers des caméras, ils n'ont pas été attirés dans cet atelier par la langue de Molière. Il n’empêche que, subtilement, la construction d’un téléjournal les aide à progresser en français.

« Parfois, on parle trop en anglais à l’école », reconnaît Reed Boucher, dont la mère et la soeur sont anglophones. « Mais quand on est devant son ordinateur à préparer ce que l’on va dire à la caméra, on va parler en français entre nous autres. »

Des élèves écoutent leur enseignante. Tous les élèves trouvent que le téléjournal les aide à améliorer leur vocabulaire en français. Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

En quelques mois, leur enseignante, Andrée-Anne Paradis, a ainsi constaté des progrès dans le niveau de ses élèves. « Ils sont vraiment intéressés par le fait de trouver un meilleur vocabulaire et à mieux parler devant la caméra parce que c’est diffusé devant toute l’école. Ils veulent bien paraître », explique-t-elle.

Améliorer leur confiance en soi en français est un élément clé de l’approche, souligne la directrice de l’école, Lucie Rodrigue. Les élèves sont ainsi parfois responsables des annonces par haut-parleur de l’établissement.

« Dans l’apprentissage de la langue, il y a toujours un sentiment d’infériorité quand ce n’est pas la langue maternelle. Nos élèves connaissent en moyenne trois langues, et le français n’est pas toujours leur première langue. Les exposer à parler en groupe, ça leur donne confiance en soi. Il n'y a pas un accent qui est meilleur que l’autre, c’est vraiment la francophonie. Elle se vit de différentes façons », résume-t-elle.

Se sentir membre de la francophonie

Autre exemple d’activité réussie : la ligue d’improvisation. Pour faire mouche dans ce combat des mots, mieux vaut savoir manier le jeu de mots et posséder un esprit vif en français.

Deux élèves regardent deux autres élèves au milieu d'un ring improvisé. Les élèves francophones s'affrontent lors d'un match d'improvisation. Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

Une dizaine d’écoles du conseil scolaire FrancoSud ont établi des équipes d’improvisation et se mesurent les unes aux autres dans rencontres au rythme rapide. « Lors du combat des élèves du primaire, nous n’avons pas entendu un seul mot d’anglais », se félicite Chantal Desgagné, la conseillère en pédagogie culturelle et construction identitaire au conseil scolaire FrancoSud.

Cela leur permet de développer leur vocabulaire, mais aussi leur sentiment d’appartenance à la communauté.

Chantal Desgagné, conseillère en pédagogie au conseil scolaire FrancoSud

La francophonie albertaine s’est immiscée dans toute l’école. Les sonneries stridentes sont parfois remplacées par des chansons francophones.

Des élèves engagés

Dans ce processus d’appropriation de la langue française, les élèves ne sont pas de simples invités, mais des acteurs, explique la directrice de l’École secondaire de la Rose sauvage, Mme Rodrigue.

Des élèves autour d'un enseignant.Les élèves préparent un scène d'improvisation. Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

L’établissement scolaire a créé cinq ministères (sport, culture, affaires communautaires, communication et environnement) gérés par les élèves pour élaborer des activités qui les intéressent.

L’initiative en est à sa première année, et l’école espère bien que l’engagement des élèves progressera davantage.

D'après les entrevues d'Audrey Neveu

Alberta

Éducation