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Creux historique pour la pêche et la chasse au Québec

Un homme tient une canne à pêche de sa main gauche.
Un homme à la pêche Photo: iStock
Radio-Canada

La tendance était perceptible depuis quelques années déjà, mais elle est désormais indéniable. Le nombre de permis de pêche et de chasse vendus au Québec a atteint un creux historique en 2017. Et pour l'instant, tout porte à croire que cette hémorragie va se poursuivre.

Un texte d’Alexandre Duval

L’année dernière, il s’est vendu environ 1 227 000 permis de chasse, pêche et piégeage au Québec. Jamais ce nombre n’a été aussi faible depuis que le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) a commencé à publier ses données en 1998.

La baisse est particulièrement marquée depuis 2013, année où il s’était vendu environ 100 000 permis de plus qu'en 2017.

L’âge des chasseurs et des pêcheurs serait en partie responsable de cette dégringolade. Les données du MFFP démontrent qu’entre 2005 et 2016, le nombre de chasseurs âgés de 65 ans et plus a augmenté de 80 %.

Plus ils vieillissent, plus ils risquent de délaisser leur passion faunique. Le porte-parole du MFFP, Nicolas Bégin, croit que cela entraînera aussi une diminution du nombre de mentors pour initier la relève.

Ça laisse aussi présager une diminution du nombre d’adeptes des activités fauniques au cours des prochaines années.

Nicolas Bégin, porte-parole au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Le directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs est bien conscient des défis qui s’annoncent. « Le vrai creux, on va l’atteindre en 2019 », appréhende Alain Cossette.

« Les jeunes qui vont à la pêche vont pratiquer l’activité par opportunité, mais ils ne seront pas des réguliers comme les baby-boomers l’étaient », analyse-t-il.

« En plus de perdre en nombre, on va donc perdre en personnes actives sur le terrain. C’est là que c’est inquiétant », ajoute M. Cossette.

La pêche particulièrement touchée

Si le nombre total de permis atteint aujourd’hui un creux, c’est en grande en partie en raison de la pêche. Pour la toute première fois, l’année dernière, le nombre de permis écoulés est passé sous la barre des 700 000.

M. Cossette est convaincu que la hausse du prix des permis d’environ 40 % survenue en 2015 y est pour quelque chose. Aujourd’hui, un permis de pêche annuel coûte près de 31 $ pour une personne de moins de 65 ans.

Cette hausse aurait eu pour effet de transformer environ 20 000 pêcheurs assidus en pêcheurs occasionnels, selon M. Cossette. « C’est des gens qui ont acheté des permis de trois jours au lieu d’un permis régulier. »

À son avis, diminuer le coût des permis annuels d’environ 10 $ permettrait de ramener une partie des déserteurs.

Une explication contestée

Le porte-parole du MFFP ne souscrit toutefois pas à cette thèse. Nicolas Bégin rappelle que les ventes de permis ont commencé à diminuer de façon marquée dès 2013, soit avant la hausse des prix de 2015.

Selon M. Bégin, le coût d’un permis représente une part trop petite des dépenses d’un pêcheur ou d’un chasseur pour être un frein à la pratique d’activités fauniques.

« En 2016, le MFFP a calculé qu’un chasseur québécois moyen avait dépensé 2620 $ pour pratiquer son activité. Si l’on ramène le coût du permis sur ce montant de 2620 $, ça représente une infime partie. »

Des pistes de solution

Pour contenir la baisse de vente de permis, le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs estime qu’il est primordial d’investir dans la relève.

M. Cossette rappelle qu’une bonne décision a été prise en ce sens par le MFFP, qui a rendu la pêche blanche gratuite pour l’hiver qui vient de se terminer. À son avis, la pêche sur glace est une « porte d’entrée » pour les jeunes adeptes.

On les contamine là, donc on risque de les retrouver après dans d’autres activités de pêche.

Alain Cossette, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs

Dans le plus récent budget du Québec, le gouvernement a aussi annoncé une enveloppe de 14 millions de dollars pour développer un portail qui permettra de vendre les permis de chasse, de pêche et de piégeage sur Internet.

« Plus c’est facile de pratiquer une activité, plus ça encourage les gens à la pratiquer! », croit M. Bégin.

Les retombées économiques des activités de pêche, de chasse et de piégeage au Québec sont évaluées à 2,4 milliards de dollars chaque année.

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