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Affaire McArthur : ouverture de 15 enquêtes criminelles non résolues

Vieille photo d'un jeune homme bien coiffé.
La photo de Bruce McArthur dans son album de finissants de l'école secondaire en 1970. Photo: École Fenelon Falls
Radio-Canada

La police de Toronto a confirmé mercredi qu'elle avait rouvert les enquêtes non résolues sur le meurtre de 15 hommes homosexuels de 1975 à 1997 relativement à son investigation sur le présumé tueur en série Bruce McArthur.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le sergent-détective en charge de l'enquête, Hank Idsinga, précise que la police n'a toutefois aucun indice qui confirme ou laisse même entendre pour l'instant que les circonstances entourant la mort des 15 hommes en question soient liées à Bruce McArthur.

Le jardinier-paysagiste de 66 ans était âgé d'une vingtaine d'années en 1975, date à laquelle remonte la plus vieille enquête.

À l'époque, les victimes avaient été poignardées à mort après être sorties dans des bars populaires du village gai de la métropole, comme la taverne St. Charles. Leur corps avait été retrouvé nu dans leur lit.

Photo de la rue Yonge dans les années 1970 avec de vieilles voitures garées le long de la rue.La taverne St. Charles sur la rue Yonge était l'un des bars gais populaires à Toronto dans les années 1970. Photo : Archives de Toronto

Dans une entrevue au Fifth Estate de CBC, la semaine dernière, M. Idsinga avait dit qu'il ne serait pas surpris d'apprendre que McArthur ait commis d'autres victimes. Il avait souligné que les statistiques montrent que les tueurs en série commencent généralement à assassiner leurs victimes lorsqu'ils sont âgés d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années.

En conférence de presse mercredi, le sergent-détective a ajouté que la police compte maintenant fouiller les jardins de 45 autres résidences à l'aide de chiens pour trouver de nouvelles victimes éventuelles. Trente propriétés ont déjà fait l'objet de fouilles, ainsi que l'appartement de McArthur, ce qui signifie que le total tournerait autour de 75 propriétés.

La police refuse toutefois de révéler la nature du matériel ou des pièces à conviction qu'elle a saisis dans le logement du prévenu.

On aperçoit le sergent-détective Hank Idsinga présenter la photo d'un homme que la police n'a pas encore réussi à identifier dans l'enquête criminelle sur Bruce McArthur.Le sergent-détective Hank Idsinga présente la photo d'un homme que la police n'a pas encore réussi à identifier. Photo : Radio-Canada / Ousama Farag

L'écrivain de renom James Dubro, qui a écrit des livres sur des enquêtes criminelles, s'en souvient encore. « Ces meurtres étaient terrifiants, ils défrayaient la chronique, mais la police ne faisait pas grand-chose pour les élucider. »

Dans les années 70, être gai était presque une infraction criminelle, du moins pour les policiers.

James Dubro

M. Dubro ne pense pas toutefois que ces 15 hommes ont tous été tués par McArthur, parce que le modus operandi du meurtrier de l'époque ne ressemble pas à celui du sexagénaire, selon les témoignages des gens qui ont fréquenté le prévenu ou ceux qui ont réussi à échapper à son emprise.

On voit l'écrivain James Dubro après la conférence de presse de la police au quartier général de Toronto.L'écrivain James Dubro au quartier général de la police de Toronto Photo : Radio-Canada / Ousama Farag

Malgré ses critiques à l'endroit de la police, M. Dubro affirme que les enquêteurs en ont fait plus au cours des huit derniers mois au sujet de l'affaire McArthur que dans les huit dernières années lorsque la septième présumée victime du jardinier-paysagiste a disparu.

Photo d'un homme avec une barbichette, portant un petit chapeau. Abdulbasir Faizi avait été porté disparu en 2010. Photo : Police de Toronto

L'écrivain faisait référence à Abdulbasir Faizi, qui a été assassiné le 29 décembre 2010, selon la police. Un meurtre prémédité pour lequel McArthur est maintenant accusé.

Le mal est néanmoins fait, et la communauté gaie est très déçue, ses relations avec la police sont redevenues tendues.

James Dubro

James Dubro demande malgré tout à la province d'ouvrir une enquête publique sur toute cette affaire complexe, question d'améliorer le travail des policiers dans des causes criminelles semblables dans le futur.

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