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Une caricature sur les Broncos de Humboldt enflamme les réseaux sociaux

La caricature montre deux vignettes. Dans chacune d'elle, il y a un accident d'autocar. La première vignette montre l'accident impliquant les Broncos de Swift Current en 1986. On y voit la carcasse silencieuse de l'autocar accidenté. La seconde vignette représente l'accident impliquant les Broncos de Humboldt en 2018. Elle montre l'autocar accidenté. Il en sort d'innombrables sons : "bip" et "dring", en référence aux téléphones intelligents des membres de l'équipe.

La caricature de Bado est notamment publiée dans l'édition du 11 avril du Journal Le Voyageur.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Radio-Canada

Une caricature de Guy Badeaux (Bado) sur l'accident tragique qui a coûté la vie à 16 membres de l'équipe de hockey des Broncos de Humboldt soulève la controverse.

Un texte de Caroline Bourdua

La caricature, publiée par des journaux membres de l'Association de la presse francophone, n'est pas passée inaperçue.

Mercredi, un internaute franco-ontarien a interpellé sur Facebook le journal Le Voyageur, un hebdomadaire qui a publié la caricature. En quelques heures, la publication de Ryan Demers (Nouvelle fenêtre) a été commentée une quarantaine de fois.

Caricature de Bado où on voit un autobus accidenté en noir et blanc avec des sonneries cellulaires.Agrandir l’image

La caricature a été envoyée à tous les journaux membres de l’APF, notamment des hebdomadaires francophones en milieu minoritaire.

Photo : Guy Badeaux/Francopresse

« Mauvais goût », « manque de jugement » ou « tout simplement déplorable » sont quelques-uns des commentaires laissés sur la page de M. Demers.

« Un dessin éditorial »

C’est l’organisme Francopresse qui fournit aux hebdomadaires membres la caricature proposée chaque semaine par Guy Badeaux.

« Il s’agissait de souligner la tragédie par une caricature [...] qui nous montre dans ce cas-ci à quel point les temps ont changé depuis une trentaine d’années », explique la coordonnatrice Andréanne Joly.

Ça demeure un dessin éditorial et qui vise à faire réfléchir, et cela m’a fait réfléchir.

Andréanne Joly, coordonnatrice chez Francopresse

Un rapprochement entre deux accidents

Guy Badeaux en entrevue.

Le caricaturiste du journal LeDroit, Guy Badeaux. (archives)

Photo : Radio-Canada

L’auteur de la caricature, Guy Badeaux, explique qu’il a voulu faire le rapprochement entre les accidents d’autobus survenus chez deux équipes des Broncos.

Je pense qu’on a mal interprété le dessin.

Bado, caricaturiste

« Ce qui m’a inspiré ce sont les événements survenus au Bataclan, dit-il. Lorsque les policiers sont rentrés, il y avait des cellulaires qui sonnaient partout et j’ai pensé à la même chose pour Humboldt. »

Guy Badeaux avoue que c’est la première fois qu’un de ses dessins suscite une critique négative de la part de lecteurs.

Il a même écrit un commentaire à propos de sa démarche sur la page Facebook de l’internaute Ryan Demers.

Le journal Le Voyageur s'explique

Julien Cayouette, le directeur de l’information de l’hebdomadaire Le Voyageur, reconnaît avoir été surpris par la caricature offerte cette semaine.

En voyant la caricature, au premier coup d’oeil, j’ai fait le saut.

Julien Cayouette, directeur de l’information, Le Voyageur

M. Cayouette explique que la caricature donne une impression de tristesse de par ses coups de crayon flous, en noir et blanc.

« Ensuite, les "bips-bips" et les "drings-drings" ne doivent pas être interprétés comme une moquerie du fait que tous les jeunes ont un cellulaire aujourd'hui », dit-il.

Selon lui, les parents des victimes ont probablement vu l’accident avant même d’être informés.

« Et sachant que leur enfant est dans l’autobus, c’est la panique et on voit les téléphones sonner, alors qu'en1986, ils n’avaient pas moyen de rejoindre [l'équipe touchée par l'accident] », conclut M. Cayouette.

L'hebdomadaire nord-ontarien a expliqué sa décision de publier la caricature sur sa page Facebook.

Nous sommes conscients qu’à première vue, cette caricature peut susciter une réaction de malaise. Nous avons tout de même choisi de la publier parce que nous y avons vu une critique sociale encore plus forte.

Publication Facebook du journal Le Voyageur

M. Cayouette assure que dans la prochaine publication du Voyageur, les lecteurs verront un encadré dans lequel le journal explique sa position.

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