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  • Exclusif
  • Qu’arrivera-t-il aux éoliennes en fin de vie?

    Paysage du sud de l'Alberta avec une éolienne en premier plan à côté d'un ascenseur à grain et les montagnes Rocheuses en arrière-plan.

    Une éolienne dans la région de Pincher Creek, dans le sud de l'Alberta.

    Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

    Radio-Canada

    Le gouvernement albertain travaille sur des lignes directrices pour mieux protéger les propriétaires terriens qui acceptent des parcs éoliens sur leur terrain. Celles-ci doivent aussi définir ce qu'il se passe une fois que ces éoliennes deviennent obsolètes ou sont abandonnées.

    Un texte de Tiphanie Roquette

    Cette question est devenue d’autant plus pressante que l’exploitation du pétrole et du gaz naturel a laissé à l’Alberta près de 3800 puits orphelins pour lesquels elle doit payer la facture. Une décision judiciaire qui est actuellement devant la Cour suprême du Canada a donné la priorité au paiement des créanciers plutôt qu’à la protection de l’environnement en cas de faillite d’une entreprise.

    La régie de réglementation de l’énergie dit faire face à une facture de plus de 110 millions de dollars pour le nettoyage des puits orphelins.

    Un chevalet de pompage près de Cremona, au sud de l'Alberta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Le nettoyage des puits orphelines pourrait coûter jusqu'à 8 milliards de dollars à l'Alberta.

    Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

    Les propriétaires terriens de l’Alberta craignent que la même chose ne se passe avec les éoliennes, dit le directeur de la Fédération albertaine des droits de surface, Daryl Bennett. Le plan de lutte contre les changements climatiques a créé une véritable ruée dans le secteur des énergies renouvelables, 68 projets étant en attente de contrats.

    « Au cours des deux dernières semaines, j’ai reçu des appels de propriétaires inquiets au sujet de cinq projets d’éolienne. La plupart de ces fermiers ont des puits orphelins sur leur terrain et, maintenant, ils se demandent ce qui se passe avec ces éoliennes », dit M. Bennett.

    Les propriétaires terriens sont très inquiets pour l’avenir de ces projets éoliens.

    Daryl Bennett, directeur de la Fédération albertaine des droits de surface

    Le porte-parole du ministère de l’Environnement, Matt Dykstra, affirme dans un courriel en réponse à CBC/Radio-Canada que le ministère répond actuellement à ces inquiétudes.

    « Avec un flot d’investissements de plusieurs millions de dollars dans l’industrie des énergies renouvelables, nous savons que les Albertains ont le droit à des politiques de réclamation efficaces. C’est ce que nous avons entendu de la part de l’industrie et des propriétaires terriens. Nous travaillons dessus et nous aurons plus d’informations à ce sujet au printemps », explique M. Dykstra.

    Un processus de consultations est en cours d'élaboration.

    Ailleurs au Canada

    Le Québec et l’Ontario, les deux autres provinces qui dominent le secteur de l’éolien, ont toutes les deux mis en place des directives concernant la fin de vie des turbines.

    Au Québec, les entreprises doivent s’engager à procéder au démantèlement complet du parc éolien à la fin du contrat. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques exige une preuve de financement adéquat, soit par un dépôt en fiducie, soit sous la forme de garanties fermes.

    En Ontario, les compagnies doivent soumettre un plan de démantèlement avant l’approbation du projet, mais la province n’a pas de critères minimaux pour ce plan.

    Un parc éolien sur un paysage de prairies.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Le parc éolien Bull Creek, près de Wainwright en Alberta

    Photo : BluEarth Renewables

    Un fonds pour les éoliennes orphelines

    La Fédération albertaine des droits de surface espère bien pouvoir être consultée sur ces lignes directrices albertaines. Elle aimerait ainsi que les entreprises aient l’obligation d’enlever du béton pour les fondations des éoliennes à au moins deux mètres de profondeur.

    Selon Daryl Bennett, les entreprises pétrolières et gazières doivent s’assurer que les terres agricoles sont remises en état pour un retour à 90 % de leur productivité, et la même chose devrait être exigée du secteur des énergies renouvelables.

    Un fonds pour les éoliennes orphelines comparable à celui établi pour les puits orphelins devrait aussi être établi, croit M. Bennett, pour s’assurer que les propriétaires terriens n’aient pas à payer des millions de dollars pour le démantèlement des structures métalliques.

    Une industrie favorable

    gros plan d'Evan Wilson.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Evan Wilson, le directeur régional à l'Association canadienne d'énergie éolienne

    Photo : Radio-Canada / Nelly Alberola

    L’Association canadienne d’énergie éolienne se dit aussi favorable à de telles lignes directrices. « Je pense que ce sera une bonne chose d’avoir une norme à laquelle toutes les entreprises doivent se conformer », indique le directeur régional de l’Association dans les Prairies, Evan Wilson.

    M. Wilson ne s’attend toutefois pas à une révolution dans l’industrie parce que de nombreuses compagnies ont déjà un plan de démantèlement en place.

    De plus, affirme-t-il, les entreprises d’énergies renouvelables ne peuvent pas imposer leur projet aux propriétaires terriens et ont donc tout à fait intérêt à établir de bonnes relations avec ces derniers.

    Le vent étant une ressource inépuisable contrairement au pétrole, il s'attend également à ce que les parcs éoliens abandonnés soient rachetés et remis en service par d'autres entreprises.

    C'est pourquoi l’association n’a pas l’intention de réclamer l’établissement d’un fonds pour les éoliennes orphelines.

    Alberta

    Énergies renouvelables