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Enquête publique du coroner dans la mort de Brandon Maurice : l'enregistrement de la poursuite rendu public

Une photo de Brandon Maurice.
Une photo de Brandon Maurice. Photo: Facebook/Rendons justice à Brandon
Radio-Canada

L'enregistrement de la poursuite policière a été rendu public mercredi matin, à l'enquête publique du coroner pour faire la lumière sur la mort de Brandon Maurice. L'adolescent de 17 ans a été abattu par un policier de la Sûreté du Québec à Messines, en novembre 2015.

Un texte de Laurie Trudel

L’agent Dave Constantin était passager de l’auto-patrouille dans la nuit du 15 au 16 novembre 2015, les communications radio étaient sa responsabilité. C’est sa voix qui est entendue dans l’enregistrement. On peut l'entendre décrire la poursuite policière à son sergent de relève.

La poursuite en voiture a duré environ quatre minutes. L’agent Frédéric Fortier a tiré en direction de Brandon Maurice, moins d’une minute plus tard. L’agent Constantin a dû expliquer au coroner les raisons qui les ont poussés, lui et son partenaire, à engager cette poursuite.

Parmi ces raisons, le policier a cité le fait que le véhicule conduit par Brandon Maurice ne s'est pas arrêté pour leur interception de routine, qu'il n'était pas en mesure d'identifier le conducteur et que l'immatriculation ne correspondait pas à la description du véhicule.

Même si ces raisons sont contestées par la famille, Dave Constantin a indiqué qu’il prendrait la même décision, si c’était à refaire.

Il a aussi a offert ses sympathies « les plus sincères » aux familles Bernier et Maurice. « J’y pense encore à ce jour, je n'ose même pas imaginer la peine de la famille », a-t-il déclaré.

Il a tenu à préciser qu’il a été personnellement fâché du délai avant l'annonce du décès à la famille. Elle en a été informée plusieurs heures après le drame, à 13 h, le 16 novembre 2016.

L’agent Frédéric Fortier a commencé son témoignage mercredi matin. Il a décrit les circonstances qui l’ont mené à faire feu en direction de Brandon Maurice cette nuit-là.

« Quand j'ai ouvert le feu, c'est que ma vie en dépendait. Je n'étais pas stable, je craignais mourir », a-t-il affirmé.

Il a insisté sur le fait qu’il croyait « qu’il allait y passer », au moment où il s’est fait traîner sur le côté de la voiture, conduite par Brandon Maurice.

Lorsqu'il était traîné le long de la voiture, il a raconté que ses jambes frappaient des arbres sur la trajectoire. « Ça faisait vraiment mal », s'est-il souvenu. À un certain moment, « je pensais que c’était fini », a-t-il mentionné au coroner.

Il a ajouté que « moi dans ma tête, c’était clair que c’était lui ou que c’était moi, clair que quelqu’un allait mourir ce soir-là ». Avant de tirer, il a affirmé avoir demandé à trois reprises à Brandon d'arrêter son véhicule.

Après avoir fait feu, le policier a dit avoir vérifié les signes vitaux de Brandon Maurice. Après avoir constaté l’absence de pouls, l'agent a demandé une ambulance et a fait des manoeuvres de réanimation cardio-respiratoires.

Au moment de rédiger son rapport au lendemain de l’événement, Frédéric Fortier peinait à se souvenir du déroulement exact des événements. Dans les jours qui ont suivi, il allègue avoir fait des cauchemars au cours desquels il revivait l'intervention.

C’était un témoignage difficile à entendre pour la famille de la victime, dont plusieurs membres étaient présents dans la salle d’audience. Le contre-interrogatoire de Frédéric Fortier doit se poursuivre jeudi et l'agent devrait alors s'adresser à la famille de Brandon Maurice.

Le dernier témoin appelé à la barre sera un expert en utilisation de la force. Le coroner en chef adjoint rédigera ensuite un rapport dans lequel il pourrait faire des recommandations pour une meilleure protection de la vie humaine.

Ottawa-Gatineau

Forces de l'ordre