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De moins en moins d'exécutions dans le monde en 2017, selon Amnistie internationale

Une corde nouée, prête pour la pendaison, sur fond noir.

Le nombre d'exécutions dans le monde a légèrement diminué en 2017, du moins selon les données qu'Amnistie internationale a pu confirmer.

Photo : iStock

Radio-Canada

La peine de mort dans le monde est en recul, selon Amnistie internationale. Le nombre d'exécutions dans le monde a diminué de 4 % en 2017 par rapport à l'année précédente, tandis que le nombre de pays ayant aboli cette pratique a augmenté.

Un texte de Marie Lépine-Loiselle

Dans son rapport, l'organisation de défense des droits de la personne indique qu'au moins 993 exécutions ont eu lieu dans 23 pays en 2017, alors qu'en 2016, il y en avait eu 1032.

Au moins 2591 condamnations à mort ont également été recensées dans 53 pays en 2017, soit 526 de moins que l'année précédente. Ces statistiques excluent toutefois les condamnations en Chine, puisque ces données sont gardées secrètes.

Aux États-Unis, le nombre d'exécutions depuis deux trois ans est à des seuils historiquement bas par rapport à ce qu'on a vu pendant des décennies, parce qu'à la base même, on condamne à mort beaucoup moins de gens qu'on en condamnait.

Charles Perroud, coordonnateur pour l'Abolition de la peine de mort à Amnistie internationale Canada francophone

Par ailleurs, de plus en plus de pays n'ont plus recours à la peine de mort.

C'est le cas notamment en Afrique subsaharienne. La sentence capitale a été abolie pour tous les crimes en Guinée et elle n'est plus obligatoire dans les cas d'homicide au Kenya. Le Burkina Faso et le Tchad sont aussi en voie de supprimer ce châtiment.

Un peu plus à l'ouest, la Gambie, elle, s'est engagée, dans un traité international, à s'abstenir d'exécuter des prisonniers et à faire les démarches pour abolir cette pratique.

La Mongolie a, quant à elle, éliminé la peine de mort pour tous les crimes.

L’abolition de la peine de mort dans le monde en 2017 :

  • Pays abolitionnistes (pour tous les crimes) : 106
  • Pays abolitionnistes en pratique (qui n'y ont plus recours, même si la loi le permet encore) : 29
  • Pays l'ayant aboli pour des crimes de droit commun (lorsqu’il n’y a pas de dispositions particulières) : 7

Au total, 142 pays n'ont plus recours à la peine de mort en droit ou en pratique.

Source : Amnistie internationale

Le portrait de la situation n'est toutefois pas tout rose. Amnistie internationale note que certains pays, comme la Jordanie et les Émirats arabes unis, ont de nouveau recours à la peine de mort.

En Égypte, le nombre de condamnations à mort a également augmenté d'environ 70 % en 2017 par rapport à l'année précédente.

La sentence capitale pour des crimes liés aux stupéfiants

Amnistie internationale s'inquiète par ailleurs des mises à mort effectuées pour une infraction liée aux drogues, comme le trafic ou la possession de stupéfiants. En 2017, 11 pays ont condamné à mort des personnes pour ce type de crime et 4, soit l'Arabie saoudite, la Chine, l'Iran et Singapour, en ont exécuté pour ces raisons.

« Il y a plusieurs pays où […] parfois, il ne faut pas une grosse quantité [pour être passible de la peine de mort]. Ce ne sont pas des quantités pour quelqu'un qui veut faire du trafic. C'est plus pour la consommation personnelle », souligne Charles Perroud, coordonnateur pour l'Abolition de la peine de mort à Amnistie internationale Canada francophone.

Le rapport d'Amnistie internationale note toutefois que des changements législatifs sont survenus dans certains pays et qu'ils pourraient faire diminuer le nombre de condamnations à mort.

En Iran, par exemple, on a augmenté le seuil de quantité minimale de stupéfiants entraînant systématiquement une condamnation à mort. « Jusqu’à tout récemment, on parlait de 70 % des condamnations à mort qui étaient des cas de possession ou de trafic de stupéfiants. C’était plusieurs centaines de cas par année qui étaient concernés. Donc, la baisse est assez substantielle à la suite de la réforme du Code pénal iranien », dit M. Perroud.

Environ 40 % des mises à mort dans ce pays, en 2017, résultent d'un crime lié aux stupéfiants, alors qu'en 2016, cette proportion se chiffrait à 58 %.

Amnistie internationale souligne par ailleurs dans son rapport que le nombre d'exécutions pourrait être plus élevé dans certains pays. Les données publiées sont celles que l'organisme a pu confirmer.

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