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Le témoignage de Mark Zuckerberg au Congrès en 7 points

Le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, réagit à l'une des questions qui lui ont été posées mardi à Washington durant son témoignage devant le Congrès américain.

Le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, réagit à l'une des questions qui lui ont été posées mardi à Washington durant son témoignage devant le Congrès américain.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Radio-Canada

Mark Zuckerberg n'en a pas terminé avec les élus américains. Le PDG de Facebook doit revenir témoigner ce matin au Congrès. Un deuxième barrage de questions portant sur le géant Facebook, sur la vie privée de ses 2 milliards d'utilisateurs et sur la manipulation des opinions. Que faut-il en retenir?

Une analyse de Yanik Dumont Baron, correspondant à Washington

1. Mark Zuckerberg s’est excusé (encore)

Les hauts dirigeants de Facebook ont offert des excuses publiques à 14 reprises dans les 14 années d’existence de l’entreprise. « Nous allons parfois trop vite », expliquait Mark Zuckerberg en 2010.

Devant le Congrès, il était encore une fois question d’humilité. « C’est une grosse erreur. Et c’est mon erreur », a dit Mark Zuckerberg, en parlant de l’abus des informations personnelles de millions d’utilisateurs par des firmes comme Cambridge Analytica.

Des excuses accompagnées – encore une fois – de promesses de faire mieux. Des paroles reçues avec une dose de scepticisme par plusieurs élus. « On a déjà vu cette "tournée des excuses" », a lancé le sénateur Richard Blumenthal.

2. Le message des dirigeants de Facebook : nous voyons notre rôle autrement

Mark Zuckerberg a parlé d’un « vaste changement de philosophie » dans la façon dont Facebook perçoit ses responsabilités.

Il faut s’assurer que les gens n’utilisent pas [nos outils] pour blesser des gens ou semer des faussetés.

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook

Tout un changement d’attitude en six mois. L’automne passé, il qualifiait de « pas mal folle » l’idée que les faussetés propagées sur Facebook ont pu influencer les électeurs américains.

Ces jours-ci, l’une de ses « grandes priorités » serait d’assurer que Facebook ne soit pas utilisé par des agents étrangers pour influencer d’autres élections. Zuckerberg a parlé d’une « course aux armements » avec les propagandistes russes.

3. Facebook travaille avec l’équipe du procureur spécial Robert Mueller

Logique, étant donné la place que Facebook a occupée dans l’élection américaine. « Notre travail avec le procureur spécial est confidentiel », a mentionné Zuckerberg en pesant ses mots.

Au moins un employé de Facebook a été interrogé par les enquêteurs. En février, ils ont déposé une série d’accusations visant l’organe russe propagandiste connu comme l’« Internet Research Agency ».

Zuckerberg croit que du recoupage est « entièrement possible » entre les millions d’électeurs américains exposés à cette propagande et ceux dont les informations personnelles ont été obtenues par Cambridge Analytica pour raffiner les messages de la campagne Trump.

4. Facebook se dit ouvert à un certain encadrement légal

Le PDG a confirmé que Facebook va ajuster sa politique de protection des informations personnelles à une grande réforme européenne [GDPR, selon l’acronyme anglais]. Les nouvelles exigences touchant la publicité politique seront quant à elles moulées sur un projet de loi américain.

Facebook est ouvert à une réglementation « juste » et « sensée ». Une façon pour le PDG de montrer que l’entreprise n’est pas la méchante dans l’histoire et qu’elle cherche à corriger le tir.

C’est aussi une façon de tenter d’éviter une réglementation plus contraignante, qui serait aussi plus onéreuse pour Facebook.

5. Les élus américains ne semblent pas vouloir intervenir

Certains sénateurs ont été durs envers Mark Zuckerberg, promettant d’agir fermement si Facebook ne réglait pas ses problèmes. Mais la plupart ne semblaient pas portés à de grands encadrements contraignants.

En fait, plusieurs élus semblaient peu connaître les nuances de l’important et complexe domaine dans lequel évolue Facebook. Une sénatrice a demandé l’aide de Mark Zuckerberg pour accélérer la vitesse des services Internet dans les régions rurales qu’elle représente.

Un autre sénateur lui a demandé de soumettre des propositions d’encadrement réglementaire satisfaisantes aux yeux de Facebook.

La suggestion peut être sincère, mais dans l’ensemble, le ton au Congrès était plutôt aux accommodements, aux façons de ne pas nuire à la compétitivité des géants américains des technos.

6. Facebook n’entend pas changer son modèle d’affaires

« Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite », a confirmé Zuckerberg, parlant du besoin d’offrir un service « que tout le monde peut se payer. C’est la seule façon d’atteindre des milliards de personnes ».

Ce qui veut dire que Facebook va continuer de vendre de la publicité aux côtés de vos photos de vacances. Qu’elle va continuer d’offrir à ses clients payant des outils précis pour mieux cibler leurs publicités.

Le dilemme des utilisateurs demeure donc : jusqu’où échanger des informations personnelles pour avoir accès à ce vaste et puissant réseau de communication? (Et c’est sans compter les autres services et applications qui nous traquent de diverses façons, souvent mal comprises.)

7. Mark Zuckerberg s’en tire bien

Le jeune milliardaire a réussi à faire rire les élus et les spectateurs à quelques reprises. Mark Zuckerberg s’est montré solide, assuré. Il a navigué sans grande faute sur un terrain miné (« Vous ne pensez pas que vous avez un monopole? »)

Le jeune PDG semble aussi avoir apaisé ses actionnaires. Le titre de Facebook s’est apprécié de 4,5 % au cours de la journée. Pas assez pour effacer les grandes pertes subies depuis le début du scandale Cambridge Analytica… mais peut-être assez pour démontrer que le pire est passé.

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