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La station de ski Whistler Blackcomb a-t-elle vendu son âme?

Les pistes de la station de ski de Whistler Blackcomb
La station de ski de Whistler Blackcomb Photo: Radio-Canada / Geneviève Milord
Radio-Canada

Des adeptes des pistes de Whistler Blackcomb, en Colombie-Britannique, se détournent de la station de ski depuis qu'elle est passée entre les mains de la compagnie américaine Vail Resorts.

Un texte de Noémie Moukanda

C’est tout un mouvement qui s’est créé sur les réseaux sociaux pour dénoncer l’expérience vécue lorsqu’on visite le village de Whistler avec ses pistes de ski au renom mondial. Le mouvement est mis en lumière par le site web américain Bloomberg Pursuits qui se demande si l’acquisition de Whistler Blackcomb par Vail Resorts en 2016 aurait tué l’esprit de la station britanno-colombienne.

Le skieur Smiley Nesbitt sur les pistes de Whistler BlackcombLe skieur Smiley Nesbitt sur les pistes de Whistler Blackcomb Photo : Bryn Hughes

Pour le skieur aguerri Smiley Nesbitt, il n’y a aucun doute. « Je ne suis pas un grand partisan de Vail Resorts », dit-il, car la compagnie américaine « tend à détruire l’âme du ski » selon lui. Il ajoute que la situation commençait à se détériorer, mais cela a empiré avec l’arrivée de l'entreprise implantée au Colorado.

Ils mettent plus de gens sur la montagne, mais ne construisent pas plus d’espace pour skier.

Smiley Nesbitt, skieur

Alors M. Nesbitt a tourné le dos à ces pistes qu’il a pourtant arpentées durant des décennies. Aujourd’hui, il skie dans l’Okanagan, à Revelstoke, à Cypress Mountain et même à la station de ski Mount Baker dans l’État de Washington.

Il dénonce le fait que Vail Resorts ait investi beaucoup d’argent notamment dans les pavillons et dans les bars, mais qu’aucune des nouvelles infrastructures n’améliore l’expérience de l’activité de ski en soi : « Ils n’ouvrent pas de nouvelles pistes. Ils ne font que construire des boîtes de nuit en haut des montagnes ».

Le skieur Smiley Nesbitt sur les pistes de Whistler BlackcombLe skieur Smiley Nesbitt sur les pistes de Whistler Blackcomb Photo : Blake Jorgenson

Selon le skieur, le nouveau propriétaire de Whistler Blackcomb « a sorti la compagnie de la montagne pour la mettre dans la ville ». Ce qui a tué l’âme de l’entreprise de ski qui est devenue « une multinationale ».

Vail ternit non seulement une grande partie de l'expérience de ski, mais elle enlève aussi le peu d'âme qu'il restait [à la station].

Smiley Nesbitt, skieur
La station de ski Whistler BlackcombLa station de ski Whistler Blackcomb Photo : Radio-Canada / Geneviève Milord

Victime de son charme

L’ancien maire de Whistler, Ken Melamed, comprend la déception des amoureux de la poudreuse. Cependant, pour celui qui réside dans la ville depuis plus de 40 ans, le problème n’est pas nécessairement l’acquisition de la station de ski par Vail Resorts. En fait, dit-il, Whistler Blackcomb est victime de son succès et de sa renommée mondiale.

Le problème, c’est le rebond économique depuis 2008. Donc il y a plus de skieurs [aisés] qui s’intéressent à Whistler.

Ken Melamed, ancien maire de Whistler

Avec une popularité internationale, Whistler Blackcomb a quasi naturellement perdu son âme, affirme M. Melamed. « Les résidents ont perdu le sens de leur place dans cette ville, communauté », observe-t-il.

Néanmoins, M. Melamed reconnaît que les rapports entre les nouveaux actionnaires de ce haut lieu de villégiature et les autorités municipales ne sont pas aussi privilégiés que dans le passé.

Nous avions une relation avec la direction de Blackcomb qui était très amicale. Maintenant avec Vail, c’est moins bon. La direction s’éloigne avec beaucoup de décisions qui se [prennent] au Colorado.

Ken Melamed, ancien maire de Whistler

Le fait que la station de ski passe dans les mains étrangères a été un « vrai coup » pour la communauté de Whistler, explique Ken Melamed, car avant, toutes les décisions se prenaient sur place.

La part de responsabilité des autorités de Whistler

Pour l’ancien maire, il en va aussi de la responsabilité des conseillers municipaux de Whistler « de bâtir une relation avec l’entreprise américaine pour établir des valeurs et objectifs pour la communauté, principalement le logement pour les résidents et les employés ».

Parce que, rappelle-t-il, la station est l’une des plus prisées au monde, elle emploie plus de 3000 personnes et « le village de Whistler dépend de cette entreprise massive ».

La station de ski Whistler BlackcombLa station de ski Whistler Blackcomb Photo : Radio-Canada / Geneviève Milord

Par ailleurs, il n’y a pas que les pistes de ski qui attirent les visiteurs, souligne-t-il. Alors il est important qu'à l’avenir la mairie de Whistler s’engage davantage pour redonner une certaine valeur à ses résidents et qu’ils retrouvent cette appartenance perdue.

Bien que Ken Melamed reconnaît que Whistler Blackcomb ait construit beaucoup de logements, il estime que l’abordabilité des services offerts (logement, nourriture, activités) demeure un défi.

Colombie-Britannique et Yukon

Tourisme