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Le taux d'alcoolisation fœtale est deux fois plus élevé qu'on le pensait à Toronto

Un fœtus se recroqueville dans le ventre de la mère.

Développement du fœtus dans le ventre de la mère.

Photo : Radio-Canada / Source : Affiche de la série Neuf mois pour la vie

Radio-Canada

Une étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale révèle que le taux de prévalence du syndrome d'alcoolisation fœtale chez les enfants de la région torontoise est de 2 à 3 %. La recherche est la première du genre au pays, où les scientifiques avaient l'habitude de se fier à des estimations nord-américaines.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) a analysé à partir de 2011 les comportements, les aptitudes physiques et les habiletés d'apprentissage de 2500 enfants de 7 à 9 ans des régions de Durham, Peel, Halton, York et Toronto (ces régions représentent 18 % de la population canadienne). Une centaine de mères ont également été interrogées par l'équipe de CAMH pour les fins de la recherche.

Le taux de prévalence des troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale était en moyenne de 2,5 % selon l'auteure principale de l'étude, la Dre Lana Popova. « Pendant longtemps, nous avons cru que le taux de prévalence était de 1 % faute d'étude canadienne sur le sujet. » Les auteurs du rapport tirent l'alarme, parce que le taux est plus élevé que celui de la trisomie 21 ou de l'autisme au Canada.

Cela signifie qu'il y a encore trop de femmes, soit 10 %, qui consomment de l'alcool durant leur grossesse et de ce nombre, 20 % d'entre elles disent boire jusqu'à 4 verres de vin en une seule occasion.

Dre Lena Popova de CAMH

La Dre Popova ajoute qu'il y a encore un travail de conscientisation à faire auprès des Canadiennes concernant les dangers de l'alcool. Elle explique que l'alcool affecte principalement le cerveau de l'enfant et que le syndrome d'alcoolisation fœtale est responsable d'un éventail de problèmes cognitifs comme les difficultés d'apprentissage, les troubles déficitaires de l'attention et les problèmes du langage.

On voit la Dre Lana Popova en train de mesurer les caractéristiques faciales d'un jeune garçon pour voir s'il est atteint d'un trouble du spectre de l'alcoolisation fœtaleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Dre Lana Popova mesure les caractéristiques faciales d'un jeune garçon pour voir s'il est atteint d'un trouble du spectre de l'alcoolisation fœtale

Photo : Lana Popova

La Dre Popova précise que les dommages au cerveau sont irréversibles. « Les études montrent néanmoins que le soutien à l'enfant est essentiel pour l'aider dans son développement, parce que le cerveau est élastique et qu'il peut continuer à se développer malgré ces dommages grâce à une intervention appropriée destinée à améliorer ses habiletés cognitives. »

L'auteure de l'étude de CAMH souligne que l'alcool a également un impact sur le développement du fœtus, notamment au niveau de la vue et de l'ouïe, du coeur et des reins ou encore du système respiratoire.

Le campus de la rue College du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

Le campus de la rue College du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

Photo : Google Maps

La Dre Popova affirme que les femmes devraient donc s'abstenir de boire de l'alcool durant les neuf mois de la grossesse, voire même deux ou trois mois avant de devenir enceintes lorsqu'elles planifient avoir un enfant.

L'alcool est dangereux à tous les stades de la grossesse et toutes les consommations sont néfastes peu importe leur teneur en alcool, que ce soit une bière ou une vodka.

Dre Popova de CAMH

La Dre Popova pense que le taux de prévalence est probablement le même à l'échelle nationale mais qu'il est beaucoup plus élevé dans des groupes particuliers, comme la population carcérale ou les Premières nations. Elle souligne que d'autres études semblables à la sienne sont nécessaires pour mieux comprendre les répercussions des troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale chez les enfants et les adultes.

Si on extrapole les résultats de la région torontoise à l'ensemble du pays, le Canada s'en tire mieux que d'autres nations selon l'auteure de l'étude. En Italie, le taux de prévalence de ces troubles est de 5 % (statistiques de 2011), il est de 7 % en Croatie (2013) et il grimpe à 21 % en Afrique du Sud (2015).

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