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Plus de Taser, moins de grenades assourdissantes au SPVM

Isabelle Richer reçoit Annie Gendron, chercheure à l'École nationale de police du Québec
Radio-Canada

La police de Montréal confirme son objectif de se doter d'un pistolet Taser par duo d'agents d'ici 2020. Elle s'engage du même souffle à ne plus utiliser de grenades assourdissantes dans les manifestations.

Ces engagements ont été pris mardi après-midi par les représentants du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devant la Commission de la sécurité publique de Montréal qui se penchait sur le recours aux « armes intermédiaires » du corps de police.

En ce qui concerne les pistolets Taser, la décision de la police de Montréal fait suite aux recommandations du coroner Luc Malouin, qui s'est penché sur la mort de l'itinérant Alain Magloire lors d'une intervention policière qui a mal tourné, le 3 février 2014. Le coroner en était venu à la conclusion que le SPVM devait renforcer son arsenal d'armes à impulsions électriques, moins garni que dans plusieurs autres villes canadiennes, toute proportion gardée.

D'ailleurs, un appel d'offres pour acquérir plus d'une cinquantaine de pistolets Taser X2 a été lancé par la police de Montréal à l'été 2016.

À l'heure actuelle, chaque poste de quartier de l'île de Montréal dispose d'au moins une arme à impulsions électriques.

Au centre-ville et sur Le Plateau-Mont-Royal, par contre, un pistolet Taser a été confié à chaque paire de policiers : c'est exactement ce modèle que le SPVM souhaiterait imiter sur l'ensemble de son territoire.

Cette pratique permettrait « de diminuer au maximum les risques de blessures, tant pour les policiers que pour les citoyens », selon le commandant Daniel Gervais, qui a pris la parole devant la Commission de la sécurité publique mardi.

Elle devrait même être étendue aux agents responsables de la sécurité dans le métro et à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, soutient le chef par intérim du SPVM, Martin Prud'homme, dans une note de service envoyée lundi à l'ensemble de ses policiers et dont La Presse canadienne a obtenu copie.

Interrogée au sujet de cette note par le conseiller d'opposition Abdelhaq Sari, la présidente de la Commission de la sécurité publique, Nathalie Goulet, a par ailleurs affirmé que l'administration Plante ne savait pas que le SPVM annoncerait lundi l'achat de nouveaux pistolets Taser. Elle a assuré que la décision de financer ou pas cette acquisition serait prise par la Commission et personne d'autre.

La police de Montréal n'est pas la première à vouloir accroître son recours aux pistolets Taser. Les services de police de Toronto, OttawaQuébecTrois-Rivières et Saguenay, par exemple, ont tous procédé à des annonces similaires récemment.

Quant aux grenades assourdissantes, la police de Montréal a mentionné qu'elle ne les utiliserait plus, ce qui est déjà le cas depuis deux ans, a-t-elle indiqué. Le SPVM dit avoir pris sa décision après avoir évalué les risques, mais aussi après le dernier jugement rendu à ce sujet. La Cour supérieure a condamné l'an dernier la Ville de Montréal à verser 175 000 $ à un citoyen blessé à l'oeil par une grenade assourdissante lors d'une manifestation étudiante en 2012.

Premières réactions négatives

Le doyen du conseil municipal s'oppose à la décision du SPVM de développer son arsenal de pistolets Taser.

« Toutes les informations dont nous disposons montrent assez clairement que les Taser ne sont pas des armes inoffensives », a déclaré Marvin Rotrand, qui siège à l'Hôtel de Ville depuis 1982.

Ce qui arrive généralement, c'est que les armes intermédiaires poussent les forces de l'ordre à faire preuve de paresse.

Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon et chef de Coalition Montréal

Pour la Ligue des Noirs du Québec, la normalisation des pistolets électriques risque aussi d'« augmenter les cas de brutalité policière envers les minorités visibles, en particulier la communauté noire ».

« Aux États-Unis, les rapports indiquent que 1100 personnes sont décédées suite à l'utilisation des Tasers [sic] et il y a un recours contre la police et les villes responsables dans 442 cas », écrit-elle dans un communiqué transmis aux médias mardi.

« La réalité est que les victimes des Tasers [sic] sont pauvres et n'ont pas de défense dans la société », conclut la Ligue.

Avec les informations de La Presse canadienne

Grand Montréal

Forces de l'ordre