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Manifestants anti-avortements : Jason Kenney refuse de voter

Jason Kenney est de face, il porte une cravate bleue et un veston. En arrière-plan, les colonnes de marbres de l'Assemblée législative de l'Alberta.
Jason Kenney ne croit pas que le projet de loi 9, qui veut interdire la présence de manifestants anti-avortement près des cliniques, est nécessaire. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney, ne participera pas au vote au sujet du projet de loi du gouvernement albertain qui permettrait de limiter l'accès des manifestants anti-avortement aux abords des cliniques.

Le projet de loi 9, intitulé « Pour protéger le choix des femmes en matière d'accès aux soins », interdit aux manifestants anti-avortement de s’approcher à moins de 50 mètres des cliniques Kensington, de Calgary, et Women's Health Option, d’Edmonton.

Ce projet de loi interdit également aux manifestants de prendre des vidéos, d'enregistrer du son ou de prendre des photos des personnes qui entrent et sortent de ces cliniques. Il serait aussi illégal de harceler les médecins ou le personnel.

Je ne voterai pas, tout comme la majorité de notre caucus.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uni

Jason Kenney, qui est catholique, avait déjà exprimé son opposition à l’avortement par le passé, mais il affirme que ce n’est pas ce qui motive cette décision. Ce serait plutôt parce que le projet de loi constitue, à ses yeux, une tentative du gouvernement de détourner l’attention du bilan économique de la province, explique-t-il.

« Nous ne pensons pas que les néo-démocrates sont sincères [au sujet de ce projet de loi], dit-il. Nous croyons que c’est une tactique pour distraire notre attention et nous n'allons pas jouer leur jeu. »

La ministre de la Santé, Sarah Hoffman, affirme que la décision de Jason Kenney de ne pas voter est décevante, mais pas surprenante.

Ces femmes ont le droit de ne pas être huées lorsqu’elles se rendent à leur rendez-vous médical, et c’est pour cela que nous proposons cette loi.

Sarah Hoffman, ministre de la Santé

Le projet de loi sera adopté, même si tous les membres du caucus conservateur s’abstiennent de voter, mais Sarah Hoffman affirme que cette décision démontre que Jason Kenney ne soutient pas les femmes.

Une loi qui n’est pas nécessaire, selon Jason Kenney

Si la loi est adoptée, les manifestants qui enfreignent constamment les zones tampons seraient passibles d’une amende maximale de 10 000 $.

Les deux cliniques ont déjà des injonctions en place depuis environ 15 ans, mais le personnel affirme que cela n’a rien changé, car il n’y a aucune sanction pour les manifestants qui refusent de quitter les lieux.

Jason Kenney ne croit pas qu’une nouvelle loi soit nécessaire, car les cliniques pourraient retourner au tribunal pour demander une zone tampon plus large.

« Ça fait déjà 20 ans que la zone tampon est en place et je pense que c’est pour cela que le gouvernement néo-démocrate n’a pas proposé de nouvelle loi jusqu’à la semaine dernière, car les injonctions de la Cour avaient déjà été appliquées », dit M. Kenney.

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