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Le système de justice à l'ère des médias sociaux

Un enquêteur regarde sur Facebook.

Les enquêteurs utilisent maintenant souvent les médias sociaux dans le cadre de leur travail.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

La popularité grandissante des réseaux sociaux a apporté bien des changements dans le système de justice. Ils sont devenus un outil important tant pour les policiers que pour les avocats et modifient parfois le cours du processus judiciaire. Nous avons retenu quelques exemples, tirés de la région du nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

Un texte de Kassandra Nadeau-Lamarche

Le procès pour homicide involontaire de Gabriel Cyr qui s’est déroulé à Edmundston en 2016 a été largement médiatisé, autant dans les médias traditionnels que sur les médias sociaux.

Après avoir initialement opté pour un procès devant juge et jury, Gabriel Cyr et son avocate s’étaient ravisés en choisissant un procès devant juge seulement, décision qui avait beaucoup à voir avec l’ampleur que l’affaire avait prise sur les réseaux sociaux, selon le procureur de la Couronne Pierre Roussel. « La défense avait estimé qu’à ce moment-là, il devenait difficile pour eux d’avoir un jury impartial à cause de tout ce qui s’était dit sur Facebook ».

Des crimes et des éléments de preuve

Pierre Roussel remarque par ailleurs de plus en plus que des crimes sont commis par l'entremise des médias sociaux. « Si on parle d’infractions, de menaces par exemple, ou de harcèlement criminel, il y a certaines de ces infractions-là qui sont produites ou qui se font grâce aux médias sociaux », explique-t-il.

Le procureur de la Couronne Pierre Roussel

Le procureur de la Couronne Pierre Roussel

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lapointe

Les enquêteurs puisent aussi dans les médias sociaux des éléments de preuve. Ces médias sont donc devenus des outils importants, mais ils présentent aussi des difficultés, notamment lorsqu'il s'agit de déterminer qui est réellement derrière l’écran.

« Quand bien même que ce serait écrit sur une page Facebook d’une telle personne, il faut aussi confirmer, identifier que c’est bel et bien cette personne-là qui l’a écrit », explique l’inspecteur de la Force policière d’Edmundston Alain Lang.

Un exemple tout récent illustre son propos : l’identité de la personne qui a envoyé un message privé via le service de messagerie instantanée Messenger a été mise en doute lors du procès pour agression sexuelle du policier municipal Marc Bouchard, à Edmundston.

Des répercussions jusqu’à l’école

Le policier communautaire devant la polyvalente Cité des Jeunes A.-M.-Sormany d'Edmundston.

En tant que policier communautaire, Pierre Ouellette doit souvent gérer des situations impliquant des réseaux sociaux dans les écoles.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Les jeunes sont souvent les premiers concernés par les médias sociaux, puisqu'ils ont grandi avec eux et y sont, en général, très actifs.

Le policier Pierre Ouellette, qui travaille beaucoup dans les écoles de la région, l’a souvent remarqué au fil des ans. Il a été nommé policier communautaire il y a une vingtaine d’années et est revenu à cette fonction il y a quelques années.

Ses tâches ont beaucoup changé après l'avènement des médias sociaux. De simples querelles entre jeunes en ligne à du taxage, il a tout vu. Il est de sa responsabilité de gérer ces cas. « C’est beaucoup de sensibilisation et d’éducation », explique-t-il. « Faut qu’ils comprennent quelque part qu’il y a des conséquences à long terme ».

Nouveau-Brunswick

Justice et faits divers