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Un possible abandon de Trans Mountain évoqué par Kinder Morgan

Logo de l'entreprise Kinder Morgan en premier plan, en bordure d'une route.
L'entreprise Kinder Morgan est l'entreprise porteuse du projet Trans Mountain. Photo: Radio-Canada / Erin Collins
Radio-Canada

L'entreprise pétrolière Kinder Morgan a évoqué dimanche la fin possible de son projet d'agrandissement du pipeline Trans Mountain, entre l'Alberta et la Colombie-Britannique.

Dans un communiqué, Kinder Morgan écrit qu'elle n'y consacrera plus de « ressources additionnelles venant des actionnaires ». Elle suspend aussi « toutes les activités non essentielles et dépenses associées ».

Kinder Morgan cite les entraves menées par la Colombie-Britannique. Elle précise qu'elle étudiera des solutions avec ses actionnaires jusqu'à la fin mai, mais n'en envisage aucune qui présente un risque excessif pour ceux-ci.

« Si nous ne parvenons pas à un accord d'ici le 31 mai, il est difficile de concevoir un scénario en fonction duquel nous irions de l'avant avec le projet », a détaillé Steve Kean, le pdg de Kinder Morgan.

Carte montrant le tracé entre Edmonton et BurnabyTracé du projet d'expansion de l'oléoduc TransMountain Photo : Radio-Canada

Le projet Trans Mountain vise à tripler la capacité du pipeline existant, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour.

Cette année, le gouvernement de la Colombie-Britannique avait annoncé qu'il souhaitait réduire la quantité de bitume transporté sur son territoire.

Cette décision avait suscité la colère de l'Alberta, qui avait décrété un bref embargo sur le vin de sa voisine. Elle avait même menacé de fermer ses vannes de pétrole si Trans Mountain subissait des embûches de taille.

Ottawa réagit

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, a rapidement réagi à la nouvelle, insistant sur l'importance du projet qu'il a qualifié de « crucial ».

Il n'a pas hésité à accuser le gouvernement de la Colombie-Britannique de faire obstacle au projet. « Le gouvernement du Canada appelle le premier ministre Horgan et le gouvernement de la Colombie-Britannique à cesser toute menace visant à retarder le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les mesures prises par la province étaient susceptibles de nuire à l'économie de tout le pays dans une période de grande incertitude commerciale.

Quant au premier ministre canadien Justin Trudeau, il a soutenu sur Twitter que « l’agrandissement du réseau de Trans Mountain aura lieu ».

Le Canada est un pays où règne la primauté du droit, et le gouvernement fédéral agira dans l’intérêt national. L’accès des ressources canadiennes aux marchés mondiaux est dans le plus grand intérêt du pays.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, sur Twitter

L'Alberta prête à investir

La première ministre de l'Alberta a réaffirmé dans une conférence de presse organisée d'urgence en fin d'après-midi que la province continue de donner son entier appui au projet. « Ce pipeline sera construit », a martelé Rachel Notley.

La première ministre a demandé encore une fois au gouvernement fédéral d'agir concrètement pour que la construction aille de l'avant. Son gouvernement évalue les différentes options pour imposer des conséquences économiques à la Colombie-Britannique si la province continue de bloquer Trans Mountain, dit-elle.

On ne rigole pas en Alberta.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

Rachel Notley affirme que la province est prête à investir dans le pipeline Trans Mountain pour s'assurer de sa construction.

Elle a par ailleurs annulé le voyage qu'elle devait faire à New York pour participer à un sommet sur l'énergie. Elle compte toutefois toujours se rendre à Toronto pour obtenir des appuis.

Victoria réplique

Le premier ministre de la Colombie-Britannique a pour sa part indiqué dans un communiqué que « le processus fédéral a échoué à prendre en compte les intérêts de la Colombie-Britannique et les risques pour notre province ».

« Les Britanno-Colombiens s'attendent à ce que leur gouvernement défende leurs intérêts et notre côte, et fasse tout ce que nous pouvons pour protéger nos eaux et nos terres, nos communautés côtières et nos économies locales », a indiqué John Horgan.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique a ajouté, lors d'une conférence de presse, dimanche, qu'il n'avait pas l'intention de créer davantage de controverse à travers le pays. Il croit que les Canadiens respecteront le droit de la province à défendre son environnement.

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