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Affaire Rehtaeh Parsons : du progrès cinq ans plus tard, mais encore beaucoup à faire

Selfie pris par Rehtaeh Parsons.

Rehtaeh Parsons.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Cinq ans après la mort de Rehtaeh Parsons, ses proches croient qu'il reste beaucoup à faire pour contrer l'intimidation, le harcèlement et la violence sexuelle.

Rehtaeh Parsons est décédée le 7 avril 2013 à l’âge de 17 ans, à la suite d'une tentative de suicide qu’elle avait faite trois jours plus tôt.

L’adolescente de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, disait avoir été victime d’un viol collectif lors d’une fête. Des photos de l’agression présumée avaient été prises et avaient circulé parmi les jeunes de son école. Elle avait par la suite été victime de cyberintimidation.

Rehtaeh Parsons.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rehtaeh Parsons.

Photo : Jason Barnes

L'affaire a provoqué des débats de société sur les questions d'intimidation, de harcèlement et de consentement sexuel.

La plupart des recommandations d'une enquête indépendante menée par l'avocat Murray Segal ont été suivies, par exemple la mise en place d'une unité d'enquête spécialisée dans la cyberintimidation et de la sensibilisation auprès de jeunes écoliers quant aux effets de la cyberintimidation.

En revanche, la loi contre la cyberintimidation qu’avait adoptée la Nouvelle-Écosse dans les mois suivants le suicide de Rehtaeh Parsons a été invalidé par la Cour suprême, qui estimait qu’elle englobait inutilement des éléments qui n'avaient rien à voir avec la prévention de la cyberintimidation.

Ne pas hésiter à parler de Rehtaeh Parsons

« Je ne veux pas que son message meure. Je ne veux pas que l'histoire se répète », dit Bryony Jollimore, qui était une amie proche de Rehtaeh Parsons.

Bryony Jollimore.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bryony Jollimore était une amie de Rehtaeh Parsons.

Photo : CBC

C'est pour cela qu'elle n'hésite pas à parler de ce qui est arrivé à son amie.

« Je crois qu'il reste beaucoup de travail à faire », dit-elle.

Des comportements qui évoluent

Jasmin Roy, dont la fondation qui porte son nom se dédie à la lutte contre l'intimidation dans le milieu scolaire au Québec, est d'accord. « On améliore de plus en plus les comportements, surtout au primaire », dit-il.

Jasmin Roy.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jasmin Roy.

Photo : Radio-Canada

Il y a quelques années, dit M. Roy, « les jeunes avaient de la difficulté juste à expliquer leurs problèmes, ou même mesurer l'ampleur de leur problème, ou à donner une définition de l'intimidation. »

Quand on se déplace en milieu éducatif à l'heure actuelle, les jeunes sont capables d'identifier le problème, ils savent quoi faire s’ils sont pris avec cette problématique-là.

Jasmin Roy

Les comportements sont plus difficiles à changer à l’école secondaire, admet-il. « Il va falloir travailler sur des mesures éducatives où l'on développe des compétences émotionnelles et relationnelles des jeunes », affirme M. Roy.

Leah Parsons, la mère de Rehtaeh, croit que la médiatisation du suicide de sa fille a contribué à faire évoluer les choses.

Elle dit avoir été « incroyablement impressionnée par les jeunes gens, et par les jeunes hommes qui disent, vous savez quoi, je ne vais plus tolérer ça ». Elle estime que les questions comme celle de la violence sexuelle sont abordées plus ouvertement aujourd’hui.

« Continuez à faire ce que vous faites », dit-elle aux jeunes, « car c’est ce qui va faire une différence dans le monde. »

D’après un reportage de Paul Légère

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