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Les docteurs francophones ne s'identifient pas comme tel, selon une médecin

Un stéthoscope aux couleurs du drapeau franco-ontarien
Les soins de santé en français, en Ontario. Photo: Radio-Canada

Les docteurs francophones ne s'identifient pas toujours comme tel, ce qui a un impact sur l'offre de services dans la province, selon une médecin de famille de Sudbury.

Un texte de Justine Cohendet

« Oui, il y a des services en français, mais on ne parvient pas à informer correctement les francophones sur ces services », regrette la Dre Meghan Cusack, médecin de famille à Sudbury.

La question était soulevée à l'occasion d'une conférence sur la recherche en milieu minoritaire francophone, organisée à l'Université Laurentienne samedi, à Sudbury.

Selon elle, le problème vient de la difficulté à détecter les professionnels francophones. « On ne s’en parle pas assez, on se s’auto-identifie pas assez », déplore-t-elle.

Il y a deux, trois semaines, j’ai appris qu’un cardiologue qui est installé ici depuis quelques années est francophone.

Meghan Cusack, médecin de famille à Sudbury

Résultat, les patients francophones peinent, parfois, à recevoir des soins dans leur langue maternelle, au détriment de leur santé, affirme Mme Cusack.

« Les francophones ne donnent pas autant d’informations à quelqu’un qui est anglophone. Ils ne vont pas comprendre toutes les instructions, alors ils ne vont pas suivre les consignes appropriées et puis ils vont sûrement signer des formulaires de consentement sans comprendre », selon elle.

Le portrait d'une femmeDre Meghan Cusack Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

Former les jeunes médecins

Mme Cusack a identifié un certain nombre de spécialistes à Sudbury qu’elle recommande à ses patients. Mais « cette recherche prend du temps », estime-t-elle.

Monique Lapalme, la coordonnatrice des services en français du Réseau local d'intégration des services de santé du nord-est (RLISS), constate, elle aussi, le manque de communication autour de soins en français.

Selon elle, certains professionnels francophones n’affichent pas qu’ils parlent français. Cette situation serait en partie due à un manque d’encadrement.

« Ils sentent qu’ils n’ont pas la capacité suffisante ou que leur langue n’est pas assez bonne, donc ils ne veulent pas s’en servir pour donner des services », note Mme Lapalme.

Mme Cusack estime, quant à elle, qu’une partie de la solution réside dans la formation des apprentis médecins, afin que ceux-ci se sentent aptes à offrir des services en français une fois leur diplôme en poche.

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