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Les personnes LGBT toujours dans l'isolement en région

Le drapeau arc-en-ciel de la fierté LGBTQ

Photo : Canadian Press

Radio-Canada

Vivre sa diversité sexuelle en région reste un grand défi pour les personnes de la communauté LGBT. Bien que les mentalités se transforment au fil du temps et que ces enjeux soient de plus en plus abordés, les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres ont beaucoup de difficulté à briser leur isolement en dehors des grands centres.

Un reportage de Laurence Gallant

L'amphithéâtre de l'Université du Québec à Rimouski était plein à craquer vendredi soir pour le spectacle de drag queens, organisé par le comité ID-EST, pour clore de façon festive et ludique la semaine de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres.

Une drag queen en spectacle et une foule en liesseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le spectacle de drag queens a enflammé l'amphithéâtre l'UQAR vendredi soir

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Perouma

Ce type d’évènements, tout comme les structures pour soutenir les personnes LGBT, se font rares en région.

Pour Frédéric Tupinier Martin, qui a déménagé de Québec à Rimouski pour y faire sa résidence en médecine, ses débuts dans un plus petit milieu ont été difficiles, faute d'avoir des possibilités de contact avec sa communauté d'appartenance.

Tout simplement de ne pas avoir à toujours réexpliquer les choses, que les attentes ne soient pas nécessairement l'hétérosexualité, c'est vraiment de quoi qui est difficile à expliquer... mais on se sent vraiment bien quand on est entourés par ses pairs.

Frédéric Tupinier Martin, coorganisateur de la soirée drag queen
Frédéric Tupinier Martin avec l'une des drag queens du cabaret Mado sur la scèneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frédéric Tupinier Martin s'est fait invité par l'une des drag queens du cabaret Mado, en spectacle à l'UQAR

Photo : Radio-Canada

Plus de tolérance, toujours autant d'isolement

L'organisme MAINS Bas-Saint-Laurent observe que les enjeux d'acceptation et de discrimination sont toujours vécus dans la communauté LGBT, mais qu'ils semblent s'amenuiser de plus en plus, notamment dans les écoles.

Toutefois, le manque d'occasions et de lieux de rencontre pour les personnes de cette communauté demeure criant.

« Chaque fois qu'on rencontre des membres de la communauté LGBT, on veut avoir un lieu où se rassembler, où échanger, prendre un café, rencontrer des personnes. C'est toujours dans le but de briser l'isolement, et c'est un des facteurs les plus importants, je pense, en région », affirme Jean-François Babin, le directeur de MAINS Bas-Saint-Laurent.

Le président du comité ID-EST de l'UQAR, Vincent Génot, accueille la foule au spectacle de drags queen.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président du comité ID-EST de l'UQAR, Vincent Génot, accueille la foule au spectacle de drag queens.

Photo : Radio-Canada

Le bassin de population fait qu'on est moins visibles, donc ça, couplé au fait qu'il n'y ait pas d'évènements, ça invisibilise totalement ces réalités-là et c'est un peu à ça qu'on sert aussi, c'est d'apporter notre vision du monde et montrer qu'on existe.

Vincent Génot, président du comité ID-EST de l'UQAR

L'organisme MAINS Bas-Saint-Laurent, qui a entre autres pour mission de soutenir les personnes LGBT de la région, espère ouvrir un café à Rimouski qui aurait pour vocation de briser cet isolement vécu par les gens de la communauté. Le projet n'en est qu'à ses balbutiements, mais Jean-François Babin dit travailler pour pouvoir le réaliser dans les années à venir.

Décloisonner les normes sociales

Ces initiatives, comme celles de la soirée allosexuelle de vendredi, en réjouissent plusieurs, dont Julie Proulx, une mère de famille qui a, par le passé, donné beaucoup de son temps pour la cause, notamment en organisant des soirées de la Saint-Valentin alternatives qui proposaient une fenêtre érotique sur la diversité sexuelle.

Je vois une ouverture, [des] modifications dans les rapports homme-femme, femme-femme, le fait de décloisonner ce que devrait être la norme relationnelle entre les sexes.

Julie Proulx
Julie Proulx s'est dite chanceuse d'avoir pu rencontre les bonnes personnes, à son arrivée à Rimouski, il y a 10 ansAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie Proulx s'est dite chanceuse d'avoir pu rencontre les bonnes personnes, à son arrivée à Rimouski, il y a 10 ans

Photo : Radio-Canada

« De plus en plus, les enjeux queer sortent des grands centres et les jeunes s'approprient ces concepts-là, je vois la différence, [...] je vois un changement et moi, ça m'encourage beaucoup et ça m'encourage pour mes enfants, aussi », indique Julie Proulx.

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Bas-Saint-Laurent

Communauté LGBTQ+