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La controverse prend de l'ampleur autour des nouvelles règles pour la pêche au crabe

La pêche du crabe des neiges

La pêche du crabe des neiges

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain de la sortie de pêcheurs de la zone 16 qui entendent défier une nouvelle directive de Pêches et Océans Canada pour préserver les baleines noires, les réactions sont diversifiées.

Si certains appuient les pêcheurs qui trouvent que le raccourcissement des câbles de pêche exigé par Pêches et Océans Canada est dangereux, d’autres voient les choses autrement.

L'appui d'une formatrice

La pêcheuse et enseignante à l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec, Line Arsenault, appuie les pêcheurs qui veulent défier la réglementation.

Elle est aussi d'avis que cette nouvelle réglementation met en péril la sécurité des pêcheurs.

Des câbles plus courts obligent les pêcheurs à forcer davantage et à travailler dans des positions non ergonomiques pour sortir les cages de l'eau.

Selon elle, cette mesure imposée par Ottawa est contradictoire à ce qui est enseigné aux apprentis pêcheurs.

« Je parle beaucoup de sécurité avec eux, insiste Line Arsenault. En me faisant restreindre à une certaine longueur de cordage, je vais à l'encontre de ce que j'enseigne à mes étudiants en matière de sécurité parce que dans ma tête à moi, je trouve que c'est extrêmement dangereux le fait que quelqu'un puisse passer par-dessus bord ou se coincer les doigts. »

L'avis de la CNESST

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) affirme que les inquiétudes des pêcheurs sont fondées.

Selon l'inspecteur expert en pêche et navire à la CNESST, Michel Castonguay, des câbles de pêches plus courts augmentent les risques de tomber à l'eau, particulièrement lorsque la mer est agitée.

Michel Castonguay indique que Pêches et Océans Canada n'a pas contacté la CNESST avant d'instaurer cette mesure.

Toutefois, des entreprises de pêche qui sont inquiètes pour leurs travailleurs ont demandé à la Commission d'étudier cette nouvelle réglementation.

On va intervenir pour évaluer la teneur du danger, du risque évoqué par l'employeur et ensuite, déterminer s'il y a lieu de mettre en place des mesures de correction.

Une citation de : Michel Castonguay, expert en pêche et navire à la CNESST

Présence de mammifères marins dans la zone 16

Un observateur de mammifères marins, Jacques Gélineau, estime pour sa part que les nouvelles mesures concernant notamment le raccourcissement des câbles de pêches pour protéger les baleines noires ne sont pas assez strictes.

Il ajoute que le regroupement des pêcheurs de la zone 16 n'a pas raison de croire que le nombre d'empêtrements de mammifères marins dans les engins de pêche est plus faible dans leur zone qu'ailleurs dans le golfe du Saint-Laurent.

« C’est soit un mensonge éhonté ou carrément une amnésie partielle parce que les gens se souviendront que l’année dernière, au mois d’octobre, on a une baleine à bosse empêtrée dans les engins de pêche à la sortie des Îlets De Quen. En plus de ça, on a trouvé un petit rorqual au mois d’août, qui a été noyé et que la carcasse a dérivé vers Port-Cartier. »

Jacques Gélineau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacques Gélineau

Photo : Radio-Canada

Jacques Gélineau croit même que les entreprises de pêches contestent cette réglementation parce qu’ils veulent limiter leurs contraintes pour maximiser leurs revenus.

« Je pense que ces pêcheurs-là sont devenus des gestionnaires d’entreprise. Leur sortie publique, c’est un peu pour moi comme du lobbying [...] Il faut arrêter de penser comme ça parce qu’on est loin du développement durable pour conserver la santé des animaux et des pêcheries qui sont viables. »

Jacques Gélineau affirme également avoir observé des baleines noires dans la zone 16, notamment dans le détroit Jacques-Cartier, à l'ouest d'Anticosti.

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent

Photo : La Presse canadienne / Marine Animal Response Society

Le président de la Station de recherche des Îles Mingan, Richard Sears, affirme lui aussi que des cas ont été répertoriés au fil des ans par des employés de la station.

Richard Sears évoque notamment le cas de Tryphon, un cachalot empêtré dans la baie de Sept-Îles, en 2009, qui a été retrouvé mort sur l'île de Saint-Barnabé, près de Rimouski.

Il estime que les mesures mises en place par Pêches et Océans Canada sont justifiées et ajoute par ailleurs que beaucoup de pêcheurs jouent un rôle important en signalant la présence de mammifères marins empêtrés dans des cordages.

Pas de nouvelles de Pêches et Océans

Pêches et Océans Canada n’a toujours pas réagi à cette volonté de certains pêcheurs de défier la directive. Le ministère n'a pas expliqué non plus comment les conséquences de cette règle avaient été évaluées en amont.

Toutefois, la ministre responsable de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, a indiqué que les pêcheurs ont été consultés pour l'élaboration de plans d'action pour protéger les différentes espèces marines.

La ministre du Revenu, Diane Lebouthillier en tournée en Gaspésie et aux Îles-de-la-MadeleineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre du Revenu, Diane Lebouthillier

Photo : Radio-Canada

La ministre Lebouthillier a aussi insisté sur l'importance des mesures pour protéger les baleines, mais aussi pour tenter de retrouver la certification MSC perdue.

D'après les informations de Laurence Royer et de Pierre Cotton

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