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  • Archives
  • Un Vendredi saint qui voit ressusciter la paix en Irlande du Nord

    L'animateur Daniel Lessard présente un reportage sur l'accord du Vendredi saint.  En arrière de lui, on voit le bâtiment de l'Assemblée parlementaire nord-irlandaise et les mots Irlande du Nord.

    L'animateur Daniel Lessard présente un reportage d'Eugénie Francoeur sur le processus de paix en Irlande du Nord.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a exactement 20 ans, les politiciens du Royaume-Uni, de la République d'Irlande et de la province britannique de l'Irlande du Nord signaient l'accord du Vendredi saint. Nos archives témoignent de ce processus de pacification, qui a mis fin à l'un des plus longs conflits qu'a connu l'Europe au 20e siècle.

    Une paix pascale en Irlande du Nord

    Depuis la fin des années 1960, la province britannique de l’Irlande du Nord souffre de la violence et de l’agitation politique.

    D’un côté, la communauté catholique revendique la fin de sa marginalisation dans la vie politique et économique. Certains éléments plus nationalistes réclament carrément le rattachement de l’Irlande du Nord à la très catholique République d’Irlande au sud. De l’autre côté, on trouve la communauté de religion protestante qui s’accroche à sa prédominance et veut demeurer fidèle à tout prix à la couronne britannique.

    À de multiples occasions entre 1969 et 1998 le conflit aux accents confessionnels risque de se transformer en guerre civile. Plus de 2600 citoyens et paramilitaires nord-irlandais meurent violemment. Il faut aussi ajouter à cette statistique plus de 1000 soldats britanniques chargés de maintenir l’autorité de Londres dans la province.

    Téléjournal, 10 avril 1998

    Le 10 avril 1998, comme l’explique un reportage de la journaliste Eugénie Francoeur présenté au Téléjournal, les politiciens nord-irlandais parviennent à un accord de paix.

    Il leur a fallu 22 mois d’âpres négociations et l’assistance des gouvernements britannique, irlandais et américain pour y arriver. Ce Vendredi saint de 1998, la paix a pris un peu d’avance sur le Christ en Irlande et a ressuscité.

    Après 30 ans de guerre confessionnelle, l’Irlande du Nord voit apparaître un printemps paisible.

    Le président américain Bill Clinton, réagissant à l’annonce de la conclusion de l’accord du Vendredi saint

    Les principaux éléments de l'accord de paix du Vendredi saint :

    • La création d’une Assemblée parlementaire locale et la fin de l’administration directe de la province par le gouvernement britannique
    • La création d’un conseil où seront inclus des ministres protestants et catholiques
    • Le désarmement des groupes paramilitaires
    • Le renoncement de la revendication par la République d’Irlande d’annexer l'Irlande du Nord
    • Le consentement à la double nationalité britannique et irlandaise pour les citoyens de l’Irlande du Nord
    • L’assouplissement des contrôles frontaliers entre la République d’Irlande et l'Irlande du Nord

    Téléjournal, 23 mai 1998

    Téléjournal, 23 mai 1998

    Le 22 mai 1998, nos correspondants internationaux Céline Galipeau et Don Murray sont envoyés à Dublin et à Belfast. Ils assistent au référendum qui demande aux électeurs irlandais d'entériner l’accord. Ils confirment, dans deux reportages présentés le 23 mai 1998 au Téléjournal, l’écrasante volonté des Irlandais d’accepter la proposition de paix : en effet, 71 % des Irlandais du Nord et 91 % des citoyens de la République d’Irlande l'approuvent.

    On vit à six milles de la frontière. Il y a déjà eu plein de problèmes. Pour nous, c’est extraordinaire ce qui se passe.

    Une électrice irlandaise dans un pub de Castleblayney en discussion avec la correspondante Céline Galipeau

    Ils ont été dégoûtés par la violence en Irlande du Nord. Ils veulent que ça cesse. S’il y a une opportunité pour la paix, ils veulent participer à cette opportunité.

    Garrett Fitzgerald, ancien premier ministre de la République d’Irlande discutant avec Céline Galipeau

    Une paix difficile à appliquer et compromise?

    Téléjournal/Le Point, 2 décembre 1999

    Un peu plus d’un an plus tard, le correspondant Don Murray retourne en Irlande du Nord. Le reportage qu’il présente au Téléjournal/Le Point le 2 décembre 1999 montre un processus de pacification ardu. Certains politiciens tentent d’y mettre des bâtons dans les roues.

    Malgré les difficultés, catholiques et protestants se partagent les responsabilités gouvernementales à l’Assemblée parlementaire locale. Le désarmement de la province se poursuit. La frontière entre les deux Irlandes s’estompe, ce qui contribue à une embellie économique sur toute l’île.

    Or, 20 ans plus tard, l’échafaudage de l’accord du Vendredi saint pourrait s’effondrer. La décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne met particulièrement en péril la suppression des barrières qui entravaient le libre passage en Irlande. Les Irlandais craignent qu’un retour des frontières détruise la prospérité et encourage une montée de la violence.

    En Irlande, on veut éviter que s’enraie la mécanique fragile et inachevée de la paix. Plusieurs prient pour que cette dernière soit encore vivante lors de la prochaine Pâques de 2019.

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