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Nouvelle polémique au sujet du sexisme en sumo

le 6 avriul 2018, Tomoko Nakagawa, mairesse de Takarazuka, a dénoncé la décision de l'empêcher de donner une discours sur le ring de sumo.
La mairesse de Takarazuka fait un discours à l'extérieur d'une arène de sumo. Photo: The Associated Press / Yoshihiko Imai
Radio-Canada

La mairesse d'une ville japonaise a été obligée vendredi de prononcer un discours en dehors d'une arène de sumo, au lendemain d'une polémique sur l'interdiction de toute présence féminine en ce lieu sacré.

« Je suis une élue femme, mais je suis un être humain », a lancé Tomoko Nakagawa, mairesse de la cité de Takarazuka, près de Kobe, dans une déclaration faite depuis un podium placé à l'extérieur du dohyo, le ring de ce sport de lutte traditionnel.

« Parce que je suis une femme, je ne peux faire de discours dans l'arène. C'est regrettable et humiliant », a-t-elle dit, sous les applaudissements de la foule.

Mme Nakagawa s'était déjà exprimée depuis l'extérieur du ring l'an dernier, à l'occasion du tournoi de la ville, mais elle n'avait pas pris conscience à l'époque que cela était dû à son sexe.

C'est quand elle a vu l'un de ses homologues masculins avoir le droit de prononcer son discours depuis le cercle où combattent les imposants lutteurs qu'elle a déposé une requête auprès des responsables de l'Association japonaise de sumo. Mais cette dernière a invoqué la tradition pour justifier son refus, a précisé à l'AFP un porte-parole de la municipalité, Yuki Miyata, ajoutant qu'une nouvelle demande serait formulée la prochaine fois que la ville accueillera un tournoi.

« Nous aurons peut-être un jour une femme première ministre. Je veux qu'ils se demandent s'ils vont aussi l'empêcher de monter sur le ring, a insisté la mairesse. N'est-il pas important d'avoir le courage de réformer tout en gardant la tradition? »

Le sumo, dont les origines remontent à plus de 2000 ans, conserve de nombreux rituels religieux shinto. Le ring est considéré comme un lieu sacré et les femmes, jugées « impures », en sont bannies.

Jeudi, le président de l'association chapeautant cet emblématique sport national avait présenté ses excuses après que des femmes, accourues sur le dohyo pour prodiguer des soins d'urgence à un élu, en eurent été chassées. Un arbitre leur avait intimé l'ordre, par un message proféré à plusieurs reprises par haut-parleur, de quitter immédiatement les lieux.

« L'annonce a été faite par un arbitre sous le coup de l'émotion, mais c'était une action inappropriée dans une situation où une vie était en danger », a-t-il reconnu. Selon des témoins cités par les médias locaux, des responsables avaient ensuite jeté de grandes quantités de sel sur l'anneau de combat, afin apparemment de purifier à nouveau le sol foulé par la gent féminine.

L'incident a suscité un tollé au Japon, mais le gouvernement s'est refusé à prendre position vendredi, qualifiant l'association d'entité privée.

Avec les informations de Agence France-Presse

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