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Discussions autour de l'appropriation culturelle à l'UQAM

De l'artisanat au pow-wow de McGill
De l'artisanat au pow-wow de McGill Photo: Radio-Canada / Laurence Niosi
Radio-Canada

Comment rendre hommage à la culture autochtone sans la dénaturer? Comment utiliser certains termes à bon escient? Des artistes et des universitaires ont tenté de répondre à ces questions lors d'un colloque sur la notion d'appropriation culturelle au Cœur des sciences de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), mercredi et jeudi.

Un texte de Laurence Niosi

Le colloque, dont le thème portait sur la protection du patrimoine et la liberté de création, a été organisé dans la foulée de divers débats au Québec et ailleurs sur l’appropriation culturelle, ou la récupération d'éléments ou de symboles traditionnels autochtones, sans avoir pris en compte le contexte historique ou la signification culturelle.

« C’est une question qui a émergé au cours des 10 dernières années au Québec, car elle a été posée par des artistes autochtones notamment, et il y a eu des débats aux États-Unis depuis les années 1980 », affirme Caroline Nepton-Hotte, étudiante au doctorat à l'UQAM et assistante de recherche pour le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines, qui coorganisait le colloque.

Mme Nepton-Hotte estime que la controverse en 2015 entourant l'appropriation culturelle du titre de l'émission de Radio-Canada Pow-wow, finalement rebaptisée Stéréo Pop, est un tournant au Québec. L'auteure innue Natasha Kanapé Fontaine avait écrit une lettre où elle déplorait que le terme « pow-wow » soit vidé de son sens s’il était utilisé à des fins de divertissement.

Parmi les dizaines de panélistes, Nadine St-Louis, directrice de l'Espace culturel Ashukan, dans le Vieux-Montréal, a dénoncé « l’art autochtone » – souvenirs, bijoux, capteurs de rêve – produit en masse aux Philippines et en Chine. « Ça dévalue le produit authentique [autochtone] fait à la main », a dit celle qui affirme se battre contre 60 boutiques qui vendent des produits faits en Asie.

Nina Segalowitz, une artiste originaire des Territoires du Nord-Ouest et adoptée dans une famille non autochtone, a quant à elle affirmé qu’elle n’enseignerait jamais le chant de gorge inuit à des non-Autochtones. « Les aînés nous ont dit de ne pas le faire, car ça fait partie des traditions qui se perdent », dit celle qui a collaboré avec Ariane Moffat par le passé.

« J’essaie de protéger ce qu’il nous reste », ajoute-t-elle.

Il a également été question de tourisme autochtone, très populaire à l’international. « L’offre authentique autochtone est diluée car beaucoup de non-Autochtones [présentent du contenu autochtone] », a souligné Carole Bellefleur, conseillère en développement chez Tourisme autochtone Québec.

Plusieurs intervenants, dont l’artiste atikamekw Jacques Newashish, ont souligné l’invisibilité des Autochtones à Montréal – notamment dans son art et son design. Comme solution, ils ont notamment plaidé pour plus de soutien économique aux artistes autochtones, qui sont souvent peu reconnus dans certains milieux artistiques.

Parmi les autres panélistes, on comptait également le fondateur et directeur de Terre en vue André Dudemaine, l’acteur et metteur en scène Alexis Martin, l’artiste Katia Rock, l’auteure et poétesse Natasha Kanapé Fontaine et le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Nations métisses et autochtones

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