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60 % des Manitobains morts dans des interventions policières étaient Autochtones

Une grille de six images, chacune d'un homme autochtone.

Entre 2000 et 2017, plus de 400 Canadiens sont morts dans des interventions policières. Au Manitoba, 60 % d'entre eux étaient Autochtones.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Sur les 19 personnes tuées au Manitoba entre 2000 et 2017 durant des contacts avec des policiers, 11 étaient Autochtones. Des experts soutiennent que c'est le résultat d'interventions policières excessives et qu'il s'agit d'un problème endémique.

L'analyse de CBC montre aussi que ces personnes étaient toutes des hommes et que la moitié d'entre eux portaient une arme blanche. En tout, il y a eu 14 morts à Winnipeg, et 17 personnes ont été tuées par balles.

« Chaque jour, il y a un incident qui pourrait se terminer en tragédie si les agents de police n'utilisaient pas usage leurs tactiques et leurs formations », déclare le chef adjoint des opérations du Service de police de Winnipeg, Gord Perrier.

Il soutient que ces incidents représentent seulement une partie des interactions de tous les jours entre policiers et civils, et que les affrontements mortels sont extrêmement rares.

L’avocate en droit pénal de Winnipeg Zilla Jones représente fréquemment des Autochtones.

« [Le fait que 60 % des morts sont Autochtones] ne me surprend pas, parce je sais que les Autochtones sont représentés de façon disproportionnée dans tous les autres aspects du système judiciaire, que ce soit l’incarcération ou le refus de mise en liberté sous caution », affirme-t-elle.

Près de 70 % des adultes sous surveillance correctionnelle au Manitoba sont Autochtones, d’après des statistiques du gouvernement fédéral.

Pour Zilla Jones, le problème plus vaste est le profilage racial. Une commission d’enquête sur la justice autochtone en 1988 s'était penchée sur cette question, catalysée par la mort du chef autochtone J.J. Harper, été abattu par des policiers qui l’avaient pris pour un voleur de voiture.

Depuis cette période, la police de Winnipeg a fait de grands efforts pour s’améliorer, affirme Gord Perrier. Il précise que le service de police a modifié ses politiques, ses procédures, ses formations et son équipement, en réponse aux recommandations de la commission d’enquête.

L’avocate micmaque, professeure et militante Pam Palmater affirme que les interventions policières excessives dans les communautés autochtones sont un problème partout au pays depuis longtemps.

Le Manitoba est véritablement le point zéro de tous les aspects négatifs du racisme dans ce pays.

Pam Palmater, avocate micmaque, professeure et militante

Elle dit que ces statistiques confirment qu’il y a un niveau élevé de racisme, d’abus et de violences envers les Autochtones.

Gord Perrier reconnaît qu’il y a du racisme dans tous les secteurs de la société, mais il mentionne qu'il y a des cas comme celui de Craig Vincent McDougall, abattu par la police en 2008, où une enquête a conclu que le racisme n’était pas un facteur en jeu.

Il souligne cependant que ces données sont un bon point de départ pour une discussion entre la police et la communauté autochtone sur l’utilisation de la force.

Avec des informations de Kristin Annable, CBC News

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