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La plupart des Saskatchewanais tués par des policiers sont des Autochtones

Un policier porte une arme dans ses mains.
La plupart des Saskatchewanais tués dans des interventions policières sont des Autochtones. Photo: Radio-Canada

En Saskatchewan, 62,5 % des personnes tuées dans des interventions policières sont Autochtones. Selon une analyse de CBC, parmi les 16 Saskatchewanais morts ainsi entre 2000 et la fin de l'année 2017, 10 étaient des membres des Premières Nations.

Selon des chiffres de Statistique Canada, les Autochtones représentent 11,6 % de la population de la province.

La douleur d'une mère

Christina Bigsky croit que son fils, Melvin Bigsky, un Autochtone tombé sous les balles d'un agent de la Gendarmerie royale du Canada, serait toujours en vie s'il n'avait pas été Autochtone.

« Je crois que ce qui s’est passé est très lié au racisme. On ne les aurait pas été arrêtés [lui et les autres occupants de la voiture] s’ils avaient été blancs », déclare-t-elle.

En avril 2001, en bordure d'une autoroute, un policier fédéral a intercepté une camionnette parce qu'il soupçonnait le chauffeur, Melvin Bigsky, d'être en état d'ébriété. Après avoir réussi à l'amener dans l'autopatrouille, le policier aurait été agressé par un des deux autres occupants de la camionnette.

Melvin Bigsky aurait par la suite sauté au volant de la camionnette pour foncer sur l'autopatrouille. L'agent a ensuite ouvert le feu. Au moins trois coups de feu ont été tirés, et une des balles a atteint Melvin Bigsky à la tête. Il est mort dans les minutes qui ont suivi.

Lors d'une enquête publique sur la mort de l'Autochtone, le policier a indiqué qu'il avait eu peur pour sa vie.

Dix-sept ans après les faits, Christina Bigsky est convaincue que les policiers auraient pu tirer des coups de semonce en l'air.

Melvin Bigsky. Melvin Bigsky, un Autochtone tombé sous les balles d'un agent de la Gendarmerie royale du Canada en Saskatchewan en 2001. Photo : Fournie

Appels pour la tenue d’une enquête publique

Cette surreprésentation des Autochtones parmi les victimes de la police ne surprend pas la vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), Heather Bear.

Après que cinq Autochtones eurent perdu la vie lors d’interventions policières en 2001, la FSIN avait demandé une enquête publique sur l'utilisation de la force policière auprès des Autochtones.

Les mêmes appels ont été lancés de nouveau en 2008, quand deux hommes autochtones ont été tués par la GRC. À l'époque, le chef de la FSIN, Lawrence Joseph, avait affirmé que les agents avaient appuyé trop vite sur la gâchette.

« Nous le voyons tout le temps. […] Il faut que ces enquêtes aient lieu », estime Mme Bear. Dix ans plus tard, même si le nombre de personnes tombées sous les balles de la police a chuté, la FSIN renouvelle ses appels pour une enquête publique.

Depuis 2008, deux des trois personnes mortes dans des interventions policières étaient Autochtones.

Changements de mode de fonctionnement?

Le surintendant du Service de police de Saskatoon, Brian Shalovelo, dit qu'il accueille favorablement les critiques du public portant sur la violence policière.

Bien des choses ont changé depuis 10 ans, dit-il, ajoutant que la police à Saskatoon est mieux formée pour faire face à des situations où l'utilisation de la force est jugée nécessaire.

Selon lui, la police municipale a beaucoup appris des enquêtes publiques, notamment celle sur la mort de Neil Stonechild, un Autochtone retrouvé en banlieue de Saskatoon en 1990.

Brian Shalovelo soutient que les agents sont maintenant formés à des choses comme les techniques de désescalade. Il ajoute que la possession de pistolets Taser signifie qu'ils ont d'autres options que les coups de feu.

Ces armes ont été intégrées dans l'arsenal des policiers après que des enquêtes publiques comme celles sur Melvin Bigsky eurent recommandé l'utilisation d'armes moins létales.

Les pistolets Taser ont été approuvés par les forces de police en Saskatchewan en 2013.

Malgré la forte baisse du nombre de morts dans des interventions des forces de l'ordre, la police de Saskatoon a été impliquée dans au moins une mort, en 2016.

Christina Bigksy, elle, croit toujours qu'il y avait une autre option que celle de tirer sur son fils. « La police tire en premier et pose des questions après », tranche-t-elle.

Saskatchewan

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