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L’Alberta veut éloigner les manifestants anti-avortement

Trois hommes se tiennent debout à proximité de la clinique Kensignton de Calgary. Deux d'entre eux portent des pancartes invitant les patientes à renoncer à l'avortement.
Des opposants viennent régulièrement manifester près des cliniques albertaines qui pratiquent des avortements. Photo: Gouvernement de l'Alberta
Radio-Canada

Des militants anti-avortement accusés de harceler les patientes aux abords des cliniques spécialisées devraient se voir imposer des restrictions plus sévères par le gouvernement albertain.

Un texte de Laurent Pirot

Les deux cliniques privées qui pratiquent la grande majorité des avortements dans la province sont protégées par des injonctions imposées par les tribunaux.

Ces décisions qui limitent le droit de manifester aux alentours des établissements sont insuffisantes, juge la directrice générale de la clinique Kensington, de Calgary, Celia Posyniak. Elle affirme que la clinique doit régulièrement appeler la police pour repousser des manifestants.

Les policiers viennent, demandent à la personne de s’éloigner, ils ne prennent pas de nom, et la personne peut revenir le lendemain faire la même chose.

Celia Posyniak, directrice générale de la clinique Kensington de Calgary

Les manifestants portent souvent des pancartes et lancent parfois des propos intimidants aux patientes, comme « Meurtrière ! » ou « Ne tue pas ton bébé! », affirme la directrice.

« C’est prendre pour cible de manière délibérée des femmes qui sont souvent vulnérables pour les intimider et les humilier », estime la ministre de la Santé, Sarah Hoffman.

Elle a préparé un projet de loi intitulé « Pour protéger le choix des femmes d’accéder aux soins ». Il sera présenté jeudi aux députés albertains.

Zones tampons

La ministre a refusé de détailler les mesures qu’elle entend proposer, mais dit qu’elle a étudié avec attention les demandes des cliniques spécialisées et la législation en place dans les quatre provinces qui ont adopté des lois sur la question.

Celia Posyniak pense que la loi devrait imposer un périmètre interdit aux manifestants autour de son établissement et qu’il devrait aussi être interdit de photographier les gens qui s’y rendent. Elle voudrait que les infractions soient punies par des amendes.

Liberté d'expression

Une telle loi serait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, rétorque la directrice du groupe Prolife Edmonton, Karen Richert.

Elle affirme que les manifestants anti-avortement sont respectueux des patientes, parce qu’ils souhaitent les aider, et qu’il s’agit le plus souvent de personnes âgées qui viennent prier à l’extérieur des cliniques.

Parler de harcèlement, c’est un peu exagéré.

Karen Richert, Prolife Edmonton

Le Parti conservateur uni, l’opposition officielle en Alberta, a refusé de prendre position sur ces questions, en attendant de connaître les détails du projet de loi.

Le député du Parti albertain Greg Clark assure que les trois députés de son caucus seront favorables au texte. Le député libéral David Swann soutient lui aussi la proposition du gouvernement.

Alberta

Santé