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Une pétition pour soutenir les carrés jaunes à l'École secondaire Mont-Bleu de Gatineau

La photo montre un pantalon troué en jeans et un pantalon noir sans trou.
Des carrés jaunes pour protester contre le fait que des enseignants et des garçons peuvent porter des jeans troués à l'École secondaire Mont-Bleu, mais pas les filles. Photo: Radio-Canada / Christian Milette
Radio-Canada

Les jeunes filles de l'École secondaire Mont-Bleu, qui se sont fait renvoyer à la maison mardi pour changer de tenue vestimentaire, entament une autre action.

Celles qui portaient des jeans troués pour contester l'application du code vestimentaire de leur école ont décidé de lancer une pétition pour obtenir l'appui des autres membres de la communauté scolaire, des parents et de leurs amis.

Parmi celles-ci, on retrouve Mélie Trudel-Boisvert, l'instigatrice du mouvement des carrés jaunes à l'École secondaire Mont-Bleu.

« C'est sûr qu'on a besoin de plus de soutien que juste nous, les élèves. On aimerait vraiment ça distribuer [la pétition] à nos parents et leurs contacts », indique la jeune fille.

C'est incroyable à quel point le sexisme existe encore en 2018 et ça ne devrait pas. Tout le monde devrait être égal.

Mélie Trudel-Boisvert, élève de l'École secondaire Mont-Bleu

Les jeunes filles ne remettent pas en question le code vestimentaire de l'école ou le code de vie de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) qui interdisent le port des jeans troués. Elles remettent en question le fait que ce ne sont que les filles qui se font interdire de porter ces vêtements.

Une situation qui existe aussi à Ottawa

Au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) d'Ottawa, la situation dénoncée par les élèves de l'École secondaire Mont-Bleu n'est pas nouvelle.

Gabrielle Pelletier, une intervenante au CALACS d'Ottawa, dit qu'elle entend ce genre de critique régulièrement.

Mme Pelletier estime que l'application des codes vestimentaires conduit à la sexualisation de l'habillement des filles.

On se retrouve dans un climat où on nourrit les mythes, on nourrit le fait que si une fille est agressée sexuellement et qu'elle portait peut-être quelque chose qui est peut-être plus révélateur, c'est qu'elle cherchait à être agressée sexuellement.

Gabrielle Pelletier, animatrice en prévention et sensibilisation, CALACS d'Ottawa

Une lutte qui est loin d'être terminée

Les deux jeunes gens sont interviewés sur le trottoir devant l'école sous la pluie et les parapluies.Mélie Trudel-Boisvert est l'instgatrice du mouvement des carrés jaunes à l'École secondaire Mont-Bleu. Photo : Radio-Canada

Mélie Trudel-Boisvert et Cedrik Coyle, un membre du groupe de protestataires, soutiennent que le port de jeans troués pour contester l'application du code vestimentaire pourrait se répéter.

« On parlait avec d'autres élèves qui fréquentent Mont-Bleu et on pensait le faire chaque mardi juste pour prouver notre point », affirme Cedrik Coyle.

Le groupe veut également distribuer la pétition d'ici vendredi afin de la remettre rapidement à la direction de l'école.

Un mouvement qui prend de l'ampleur

Les filles de l'École secondaire Mont-Bleu ne sont pas les seules à décrier l'application de leur code vestimentaire.

À la Polyvalente Le Carrefour, dans le secteur de Gatineau, des élèves parlent aussi de la frustration qu'elles vivent dans leur école.

Madeline Walolo, une élève de deuxième secondaire, affirme qu'elle se sent brimée par son école et qu'elle ne peut pas exprimer sa créativité par le biais de ses vêtements. Elle s'insurge aussi contre le fait que les garçons semblent avoir plus de droits à ce chapitre que les filles.

Les jeunes filles sont interviewées à l'extérieur de l'école sur le trottoir.Mauwa Mastajabu et Madeline Walolo, de la Polyvalente Le Carrefour, veulent un code vestimentaire plus égalitaire dans leur école. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Il y a beaucoup de gens qui sont fâchés. Même des garçons trouvent que c'est injuste. Dans ma classe, il y a plein de gens qui disent qu'ils ont envie de faire la grève.

Madeline Walolo, élève de la Polyvalente Le Carrefour

Sa copine, Mauwa Mastajabu voudrait bien voir un mouvement de carrés jaunes dans son école.

Il y a certaines filles qui ont créé un groupe sur Facebook, pour contester les pantalons déchirés. On ne peut pas en porter, mais les garçons oui, je ne comprends pas.

Mauwa Mastajabu, élève de la Polyvalente Le Carrefour
Les jeunes filles sont interviewées à l'extérieur de l'école.Les soeurs Caroline et Jessica Descary s'insurgent contre l'application du code vestimentaire à la Polyvalente Le Carrefour. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Caroline Descary et sa soeur Jessica croient qu'une contestation s'organise pour forcer la direction scolaire à revoir le code vestimentaire.

Ce n'est pas des genoux qui vont attirer l'attention, c'est juste des jeans déchirés là, ce n'est pas la fin du monde.

Caroline Descary, élève de la Polyvalente Le Carrefour

Avec les informations de Laurie Trudel, de Claudine Richard et d'Estelle Côté-Sroka

Ottawa-Gatineau

Éducation