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Déraciné, trimballé dans une quinzaine de familles d'accueil non autochtones

Xavier Moushoom

Xavier Moushoom

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec a entendu l'émouvant témoignage de Xavier Moushoom, mercredi, à Val-d'Or.

Un texte de Jocelyn Corbeil

Maintenant âgé de 31 ans, il a expliqué avoir séjourné dans plus d'une quinzaine de familles d'accueil non autochtones, à l'extérieur de sa communauté de Lac-Simon, de 8 à 18 ans.

« Je pense que j'ai pleuré toute mon adolescence; pour être honnête, je ne me sentais pas bien en famille d'accueil, je ne me sentais plus bien dans ma peau », témoigne-t-il.

Perdu sa culture

Xavier Moushoom en veut à la direction de la protection de la jeunesse pour l'avoir placé dans plusieurs familles d'accueil non autochtones, où il s'est senti déraciné.

« Avec les années qui sont venues par après, j'ai carrément perdu ma langue, perdu ma cultureé

Un homme parle au micro lors d'une commission d'enquête.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Xavier Moushoom a livré un témoignage touchant sur son passé dans des familles d'accueil non autochtones.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Xavier Moushoom souhaite que le placement d'enfants dans des familles d'accueil soit géré par des Autochtones, et non par le système de la DPJ. Il ajoute que les enfants doivent demeurer à l'intérieur des communautés autochtones, afin de conserver leur culture, tout en restant en contact avec la nature.

Le système de la DPJ est mal fait. Ils m'ont trimballé moi-même de famille d'accueil en famille d'accueil. Ça, je ne voudrais même plus que ça arrive à un autre enfant, qu'il [se] déracine tranquillement.

Une citation de : Xavier Moushoom

Comme les pensionnats autochtones?

Il compare même les placements d'enfants par la DPJ au système des pensionnats autochtones, qu'a vécu son père.

Pour tout dire, si je regarde la vie de mon père, ça ressemble à l'ancien pensionnat, ça nous déracine.

Une citation de : Xavier Moushoom
Xavier MoushoomAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Xavier Moushoom

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il dit ne pas en vouloir à ses parents, qui doivent vivre, eux aussi, avec les démons de leur passé.

Xavier Moushoom a réappris la langue algonquine, à l'âge de 21 ans, grâce à sa grand-mère.

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