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  • Nick Auf der Maur : adieux à un politicien déroutant

    Nick Auf der Maur sort de son appartement chapeau sur la tête et parapluie à la main
    Reportage sur le parcours de Nick Auf der Maur par Catherine Kovacs. Photo: Radio-Canada

    Nick Auf der Maur, contrairement à bien des gens, a quitté cette planète avec tambour et trompette. Il y a 20 ans, s'éteignait ce journaliste et politicien parmi les plus colorés de la scène municipale montréalaise. Nos archives conservent le souvenir d'un homme au parcours parfois difficile à suivre, mais à la personnalité ô combien originale et attachante!

    Nick Auf der Maur est le quatrième enfant d’une famille suisse allemande immigrée au Canada. Sa mère, Theresa, lui a inculqué l’importance « d’être toujours du côté des paysans, des pauvres et des catholiques. » Avec de telles consignes, il n’est pas surprenant qu’on le retrouve très tôt luttant pour plusieurs causes impliquant la justice sociale.

    Un homme aux combats multiples

    Si sa logique déroute la majorité, Auf der Maur a toujours affirmé avoir été cohérent dans son militantisme.

    Membre de plusieurs mouvements gauchistes, il est emprisonné durant la crise d’octobre 1970 au nom de la Loi des mesures de guerre. Il défend alors les droits des Canadiens français qu’il considère comme des opprimés.

    Cependant, il milite pour la campagne du « Non » lors du premier référendum sur la souveraineté du Québec en 1980. Il appuie ensuite le Parti Égalité qui revendique le respect des droits linguistiques de la minorité anglophone aux élections québécoises de 1989.

    C’est dans l’arène politique montréalaise qu’Auf der Maur a peut-être laissé sa plus grande marque. Il pourfend l’autoritarisme de l’administration du maire Jean Drapeau et se transforme en son adversaire acharné.

    La scène municipale, Auf der Maur l’a vue sous tous les angles. Après avoir fondé le Rassemblement pour les citoyens de Montréal, il fonde le Groupe d’action municipale en 1978. En 1986, il se fait élire comme conseiller indépendant.

    Catherine Kovacs

    Il est un des rares politiciens de l’époque à avoir bien évalué le gouffre financier qu’allait représenter le projet du maire Drapeau des Jeux olympiques de 1976. Malgré la précision de son analyse, Auf der Maur n’a jamais pris le gouvernail de l’hôtel de ville. Une possibilité qu’il aurait bien aimé, « juste pour voir si c’est vrai que le pouvoir corrompt ».

    Parent avec Donald Duck ?

    Le journaliste Gilles Payette est présent aux funérailles d’Auf der Maur le 13 avril 1998. Il présente un compte rendu de l’événement au Montréal ce soir. Trois mille personnes assistent aux obsèques. Plusieurs amis soulignent à la caméra l’anticonformisme du défunt.

    Son exécuteur testamentaire Stephen Phizicky nous donne un exemple. Nick Auf der Maur a vécu pendant un an dans une maison de la rue Elm située à Westmount. Une maison qui possède exactement la même adresse que Donald Duck dans les dessins animés de Disney. Cette coïncidence fait affirmer à Auf der Maur qu’il est apparenté avec le célèbre canard. À son enterrement, nombreux sont ceux qui portent sur leurs chemises ou au revers de leurs vestons soit une cravate soit une épinglette représentant le palmipède à la voix étouffée.

    Jusqu’à la dernière minute, Nick Auf der Maur s’est moqué des conventions. Le cortège amenant sa dépouille au Cimetière de Notre-Dame-des-Neiges est constitué d’une fanfare qui mène la marche. Peut-on se surprendre qu’avec un tel père, Melissa est devenue bassiste pour les groupes de rock alternatif Hole et Smashing Pumpkins?

    C’est une évidence : les Auf der Maur, père et fille, n’ont jamais battu la mesure comme tout le monde.

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