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Un village renaît grâce à la motoneige

Deux motoneigistes passent sur un pont du sentier de motoneige de Foleyet.

Deux motoneigistes passent par le sentier de motoneige de Foleyet, près du lac Singed Tree.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de retraités du village de Foleyet, dans le Nord-Est de l'Ontario, s'est donné comme mission de restaurer les 100 kilomètres de sentiers de motoneiges entourant la communauté. Plus de 3000 visiteurs plus tard, le pari semble presque gagné.

Un texte de Jean-Loup Doudard

Tony Godin ne se sent jamais mieux que lorsqu’il est sur sa motoneige.

Libre… Ce que j’aime voir, c’est un troupeau d’orignaux, des loups, de la nature...

Tony Godin, membre du club de motoneige de Foleyet

Le sentier de motoneige de Foleyet passe juste devant chez lui, près du lac Singed Tree. Il était à l’abandon depuis plusieurs années quand Tony et ses amis ont décidé de le remettre en état, en 2015.

« Il a fallu réparer les ponts; on a mis beaucoup de calvettes. C’est de l’ouvrage! Pour quatre personnes d’âge avancé, ç’a été dur. Y'a des moments où les gars voulaient tout lâcher », dit Tony Godin.

En quelques semaines, l’équipe de septuagénaires a débroussaillé les 100 kilomètres qui vont du lac Opishing à la rivière Shawmere, puis ajouté quelques tuyaux de drainage à temps pour le début de la saison.

Trois personnes posent devant une dameuse à l'extérieur d'un garage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le club de motoneige de New Liskeard a fait don d'une vieille dameuse pour aider le club de Foleyet à entretenir ses sentiers.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

« Cette année-là, on était ouvert pour deux semaines. C’était pas beaucoup, mais au moins, on était ouvert. On avait peut-être 300 signatures », se rappelle la présidente du club de motoneige de Foleyet, Denise Godin.

Depuis, les sept membres ont ajouté de nouveaux tuyaux et construit des passerelles pour traverser les nombreux marécages et ruisseaux de la région.

Résultat : les sentiers attirent de plus en plus de visiteurs dans le village de 177 habitants. Plus de 2000 personnes sont passées dans les commerces cette saison.

« Au moins, on peut dire : on donne quelque chose à la communauté », dit Tony Godin.

Tony Godin est assis sur sa motoneige sur un pont du sentier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tony Godin espère que les jeunes de Foleyet prendront la relève une fois qu'il sera trop vieux pour entretenir le sentier de motoneige.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Le tronçon de sentier relie le réseau de Chapleau à celui de Timmins. Les motoneigistes peuvent dorénavant effectuer un trajet en « boucle » de 7 ou 8 jours, en passant par Wawa, Dubreuilville, Hearst et Cochrane.

Au magasin général de Foleyet, le cahier signé par les touristes témoigne de la popularité des sentiers : on y voit des adresses du Wisconsin, de l’Illinois, du Michigan, mais aussi de Peterborough, London et Québec.

Un autobus scolaire est garé devant un bâtiment modeste d'un étage pourvu de deux pompes à essence.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le magasin général de Foleyet voit passer des milliers de clients depuis que les sentiers de motoneige ont rouverts dans la région.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Pour le gérant, cet afflux de clients représente une manne inespérée pour les mois d’hiver.

Après Noël, c’est pas mal slow autour d’ici, sauf cette année!

Philippe Gagnon, propriétaire du magasin général de Foleyet

De l’autre côté de la rue, le seul restaurant du village connaît de nouveau de bons jours. Les activités forestières et ferroviaires dans la région ne suffisent plus à faire vivre le commerce.

« C’est très calme en hiver. Nous en sommes presque au point où l’on devrait fermer l’hiver s’il n’y avait pas les motoneigistes », dit le propriétaire du restaurant Northern Lights, David Ethier.

Les deux propriétaires sourient derrière le bar de leur établissement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cindy et David Ethier tiennent le seul restaurant de Foleyet, Northern Lights.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Cette année, un entrepreneur a même développé des logements temporaires pour les motoneigistes voulant s’arrêter pour la nuit.

« C’est énorme. On commence à penser à comment on peut les garder pendant un jour ou deux de plus. Ça commence à faire penser différemment à quelle sorte d’argent qu’on peut avoir dans notre village », dit Philippe Gagnon.

Un avenir difficile

Ce n’est pas la première fois qu’un club de motoneige tente d’entretenir des sentiers à Foleyet. Mais le bassin limité d’acheteurs de permis de saison et la population vieillissante posent toujours problème.

La présidente du club ne se fait pas d’illusions. Elle sait qu’avec l’âge avancé de ses membres, il faudra recruter des jeunes pour assurer la pérennité du club.

Denise Godin pose devant la dameuse du club.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denise Godin, la présidente du club de motoneige de Foleyet

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

« Je comprends qu’il n’y a pas beaucoup de jeune monde dans le village, mais on aimerait qu’ils viennent faire partie de notre club, dit-elle. Puis, je crois qu’en voyant le succès de cette année, qu’ils vont s’intéresser davantage à venir prendre part à ce travail-là. »

Les derniers travaux de réfection des sentiers, dont l’ajout d’un pont pour traverser la rivière Nat, devraient être effectués cet été.

Tony Godin n’a qu’un espoir.

« Voir quelqu’un d’autre prendre le contrôle puis être capable de dire à mon épouse : ''Embarque sur les machines, on s'en va prendre une ride puis... la trail est belle!'' »

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