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Pourquoi le nouveau roman de Joël Dicker n'est pas un polar

Gros plan sur un homme aux yeux bleus, cheveux et barbe courts, sur fond de décor urbain.

L'auteur suisse, qui a passé de nombreux étés de son enfance dans le Maine, situe une fois de plus l'action de son roman, « La disparition de Stephanie Mailer », sur la côte est américaine.

Photo : Jeremy Spierer

Radio-Canada

Joël Dicker vient de publier La disparition de Stephanie Mailer. L'intrigue du roman tourne autour de deux crimes : un quadruple meurtre qui a lieu dans les Hamptons en 1994, et la disparition mystérieuse d'une journaliste qui tente d'élucider le mystère 20 ans plus tard. Mais ne dites pas à l'auteur suisse qu'il s'agit d'un polar.

Un texte de Kevin Sweet

« Il y a une enquête. Il y a un meurtre. Il y a une enquête sur le meurtre. À la fin du livre, l’enquête est résolue et on a des réponses. Mais je précise que ce n’est pas un polar », explique l'auteur de 32 ans, joint sur son portable, alors qu'il file en taxi au centre de Paris où il vient d'atterrir pour une campagne de promotion.

Non pas parce que je n’aime pas les polars ou que j’en aurais honte, mais il y a des gens qui sont de vrais des lecteurs de polars et qui s’attendent à quelque chose en particulier.

Joël Dicker, auteur

Il cite en exemple trois lecteurs qui se sont plaints d'un détail particulier de son roman. L’un des personnages naît en 1995, un an après le meurtre en question. D’entrée de jeu, les amateurs du genre savent qu’il est impossible que ce personnage soit impliqué dans le crime.

« Dans un polar, on s’attend à ce qu’un personnage soit forcément un suspect ou il est forcément en lien avec le meurtre », explique l’auteur.

Alors, si ce plus récent ouvrage de Joël Dicker n’est pas un polar, qu’est-ce que c’est?

« Vous m’obligez à choisir une boîte », dit-il en riant. « S’il fallait donner un seul genre, je dirais que c’est un roman choral sur fond d’une enquête. Dans mon cas, l’idée est vraiment venue des personnages, et j’avais envie de raconter les histoires des personnages qui, sans se connaître, se retrouvent mêlés les uns aux autres par une aventure », explique l’auteur.

Un phénomène littéraire

Joël Dicker s’est fait connaître grâce à son roman La vérité sur l’affaire Harry Quebert (2012), qui a remporté le Prix du roman de l’Académie française et le Goncourt des Lycéens, en plus d’avoir été vendu à plus de 3 millions d’exemplaires et traduit dans une quarantaine de langues.

Une adaptation télévisuelle de ce roman, mettant en vedette l’acteur américain Patrick Dempsey et le Canadien Colm Feore, a été tournée en partie au Québec, l’été dernier, et sera diffusée cet automne. Il compte un autre titre à son actif, Le livre des Baltimore.

Mais le succès n’est pas arrivé du jour au lendemain, même si plusieurs qualifient Joël Dicker de phénomène littéraire.

Je suis avant tout un jeune auteur. J’ai plus de romans qui ont été refusés par les éditeurs que de romans parus. Je ne me pose pas trop la question du succès ou du phénomène, ou du pas de phénomène. Je me pose juste la question de ce que moi, Joël et jeune auteur, j’ai le goût de faire. Et ça, c’est le plus important.

Joël Dicker

Les paysages américains omniprésents

L’une des caractéristiques des romans de Joël Dicker, c’est que ses histoires se déroulent toujours quelque part aux États-Unis. New Hampshire et Baltimore ont figuré dans ses romans précédents. Cette fois, c'est dans une station balnéaire en banlieue de New York que l’action se déroule.

Des rangées du plus récent roman de Joël Dicker.

«La Disparition de Stephanie Mailer» est publié aux Éditions de Fallois.

Photo : Twitter @JoelDicker

Son intérêt et sa très grande connaissance de la côte est américaine viennent de son enfance, au cours de laquelle il a souvent passé les étés dans le Maine.

Pour moi, de situer un roman dans un endroit que je connais, mais qui n’est pas chez moi, ça me facilite beaucoup le travail par rapport à Genève où j’habite et je vis. Aujourd’hui encore, je peine à mettre de la distance avec Genève pour faire de Genève une ville de romans.

Joël Dicker

Pourtant, d’autres villes européennes, comme Oslo et Stockholm, se distinguent présentement dans le monde par la force des romans, surtout des polars, qui s’y exportent. Faire la même chose avec Genève ne serait-il pas opportun?

« Il faudrait trouver un côté un peu sombre à Genève, que je ne trouve pas souvent. Au contraire, je trouve que Genève a un côté très lumineux qui ne se prêterait pas très bien à un polar; mais qui sait? », soulève-t-il.

La tournée de promotion pour La disparition de Stephanie Mailer mènera Joël Dicker au Canada. Il participera notamment au Salon du livre de Québec, du 12 au 15 avril.

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