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Près du tiers des Canadiens ne croient pas à la science des changements climatiques

Une tour éjecte une grande quantité de fumée.
Un groupe indépendant formé de nombreux économistes presse les gouvernements de mieux informer la population au sujet de la taxe sur le carbone, meilleure politique, selon eux, pour endiguer les émissions de GES. Photo: iStock
Radio-Canada

Un sondage en ligne indique que 30 % des Canadiens ne croient pas à la science du changement climatique et que 42 % d'entre eux pensent que le plan du gouvernement fédéral sur la taxe carbone n'est pas conçu pour changer les comportements, mais plutôt pour générer des revenus.

Le sondage, commandé par la Commission de l'écofiscalité du Canada, s’intéresse aux attitudes des Canadiens à l'égard des changements climatiques ainsi qu’aux réponses politiques offertes par les gouvernements, en mettant l'accent sur les attitudes à l'égard de la taxe sur le carbone comme solution possible.

Cette Commission est composée d'un groupe d'économistes qui préconisent des moyens pratiques de lutter contre les changements climatiques. En même temps que le sondage, elle publie un rapport qui vante l'efficacité d'une taxe sur le carbone pour réduire les émissions de GES. Cette politique, révèle le sondage, n'est pas bien comprise par les Canadiens.

« Je crois qu'il s'agit d'un nouvel exemple intéressant qui montre que les économistes ne pensent pas comme tout le monde, lance Dale Beugin, directeur de la Commission de l'écofiscalité. Les économistes regardent la tarification du carbone et voient instinctivement les forces du marché, ils voient la flexibilité, ils voient les moyens les moins coûteux de réduire les émissions de GES. »

Ce coup de sonde a été mené au mois de février auprès de 2250 répondants puisés dans le bassin des participants en ligne de la firme Abacus Data. On ne peut lui attribuer une marge d'erreur, puisque l'Association de la recherche et de l'intelligence marketing juge que la méthode d'échantillonnage est non probabiliste. La marge d'erreur pour un échantillon comparable est de 2,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Le sondage révèle aussi que plus de 40 % des Canadiens affirment qu'il y a des preuves concluantes que le réchauffement de la planète est bien réel, qu'il est causé par l'activité humaine et qu'il devrait s'agir d'une haute priorité des gouvernements.

Toutefois, même au sein de ce groupe de convaincus, seulement les deux tiers perçoivent la tarification du carbone comme le meilleur moyen de freiner les émissions de gaz à effet de serre, et moins de la moitié estiment savoir en quoi consiste cette politique publique.

Même dans les provinces qui comptent déjà une taxe sur le carbone, plus de la moitié des personnes interrogées en ignorent l'existence. Ce qui fait dire au président de la Commission de l'écofiscalité, Chris Ragan, que les gouvernements ont jusqu'à maintenant fait un piètre travail de communication auprès du public.

Les gouvernements et les analystes devraient faire davantage pour aider les Canadiens à comprendre la tarification du carbone ainsi que les preuves de son efficacité.

Chris Ragan, président de la Commission de l'écofiscalité

M. Ragan et la Commission ont rédigé des explications sur la tarification du carbone dans un rapport de 36 pages rendu public mercredi, en même temps que les conclusions du sondage.

Aucun doute sur l’efficacité de la taxe carbone

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a mis en place le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Les provinces ont jusqu’à la fin de 2018 pour légiférer et créer leur propre taxe carbone, sans quoi le gouvernement fédéral leur imposera un prix du carbone.

Le plan fédéral prévoit un prix de 10 $ par tonne d'émissions de GES à partir de cette année, montant qui augmente de 10 $ par année jusqu'à ce que le prix atteigne 50 $ la tonne d'ici 2022.

Mais seulement 42 % des Canadiens interrogés par Abacus Data disent très bien connaître (10 %) ou assez bien connaître (32 %) le concept de la taxe sur le carbone.

Autre élément intéressant, seulement 58 % des personnes qui ont participé à l'enquête en ligne pensent que l'objectif premier d'une taxe sur le carbone est de changer les comportements, comparativement à 42 % qui pensent qu’il s’agit simplement de recueillir de l'argent.

Les analyses économiques montrent que les émissions annuelles de GES de la Colombie-Britannique seraient de 5 % à 15 % supérieures à ce qu’elles sont si la province n’avait pas instauré sa taxe sur le carbone.

Dale Beugin, directeur de la Commission de l'écofiscalité

De plus, 78 % des répondants disent avoir une opinion positive sur la tarification du carbone.

Chris Ragan, président de la Commission, le rappelle aussi : des modèles montrent que les émissions polluantes sont réduites lorsque les personnes ou les entreprises doivent payer pour ce qu'elles émettent, soit par une taxe directe sur les émissions de carbone ou par un système de plafonnement et d'échanges qui fait en sorte que des entreprises doivent acheter des crédits lorsque leurs émissions dépassent un plafond déterminé.

« Le point final est que [ces systèmes] établissent tous un prix sur les émissions de gaz à effet de serre, ce qui crée un incitatif à en produire moins », indique le rapport, faisant un parallèle avec les taxes sur l'usage du tabac pour en freiner la consommation.

Avec les informations de CBC News, et La Presse canadienne

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