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Des jeunes marchent pour Martin Luther King

Le point avec Christian Latreille
Radio-Canada

Marcher 80 km en quatre jours pour commémorer les 50 ans de l'assassinat de Martin Luther King, à Memphis, au Tennessee. C'est de cette façon que des jeunes du Mississippi ont rendu hommage à celui qui s'est battu pour l'égalité raciale aux États-Unis.

Un texte de Christian Latreille, correspondant aux États-Unis

Le rêve inachevé de King résonne encore chez ces jeunes Blancs et Noirs qui marchent sur les traces de ce monument. Nous les avons suivis au cours de leur périple.

Davonte Pate« J’en ai assez des Blancs et des Noirs qui se disputent toujours », dit Davonte Pate. Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

« J’en ai assez des Blancs et des Noirs qui se disputent toujours, dit Davonta Pate, âgé de 14 ans. Je suis certain que nous pouvons tous être amis. »

Ces jeunes, qui n’ont jamais connu la violence de la ségrégation, sont remplis d’espoir. Ils croient à la réconciliation raciale.

« Martin Luther King a vraiment accompli de grandes choses, raconte Damonté Steele. Vous voyez, nous marchons avec des Blancs. Nous avons les mêmes droits qu’eux. »

« Martin Luther King a vraiment accompli de grandes choses », soutient Damonté Steele.« Martin Luther King a vraiment accompli de grandes choses », soutient Damonté Steele. Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

Les Afro-Américains ont accompli d’énormes progrès, particulièrement en éducation, où le nombre de diplômés aux niveaux secondaire et universitaire a atteint des sommets.

Toutefois, ces avancées ne se sont pas traduites en prospérité économique. Près de 30 % des Noirs américains vivent encore sous le seuil de la pauvreté.

La mortalité infantile est beaucoup plus élevée que chez les Blancs. Et les hommes afro-américains peuplent les prisons de manière disproportionnée par rapport à leur représentation au sein de la population américaine.

L'organisateur de la marche, Jarvis Ward« Le problème, c’est lorsque ces jeunes arrivent sur le marché du travail. Ils constatent qu’ils n’ont pas les mêmes occasions que les Blancs », explique l'organisateur de la marche, Jarvis Ward. Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

« C’est une chose d’avoir des amis blancs et de fréquenter les mêmes écoles, dit l’organisateur de la marche, Jarvis Ward, qui travaille à rapprocher les deux communautés. Le problème, c’est lorsque ces jeunes arrivent sur le marché du travail. Ils constatent qu’ils n’ont pas les mêmes occasions que les Blancs. »

Il est juste de dire que les Afro-Américains ont toujours les moins bons emplois. Et sont encore les moins bien payés. Le revenu moyen d’une famille afro-américaine est de 32 000 $ US par année comparativement à 55 000 $ US pour une famille blanche.

Rapheal Williams, un des jeunes qui a marché 50 miles pour commémorer l'assassinat de Martin Luther King, il y a 50 ans, à Memphis, au Tennessee.« Le message que nous tentons de transmettre en marchant vers Memphis est que King et les autres leaders du mouvement pour les droits civiques nous ont quand même permis d’avancer », dit Rapheal Williams. Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

« Le message que nous tentons de transmettre en marchant vers Memphis, dit Rapheal Williams, 21 ans, est que King et les autres leaders du mouvement pour les droits civiques nous ont quand même permis d’avancer. Et nous leur en sommes reconnaissants. »

« Martin Luther King a réveillé les Blancs dans les années 1950, selon Ron Forseth. À l’époque, plusieurs d’entre nous ne voulaient pas voir les problèmes raciaux. »

Le dialogue sur les questions raciales demeure encore difficile, voire tabou pour certains.

Ron Forseth, un des participants à la marche commémorative sur les 50 ans de l'assassinat de Martin Luther King.« Martin Luther King a réveillé les Blancs dans les années 1950, selon Ron Forseth. À l’époque, plusieurs d’entre nous ne voulaient pas voir les problèmes raciaux. » Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

« Le rêve de King n’est pas mort, constate Jarvis Ward. Nous rêvons toujours d’égalité, et nous devons continuer de rêver. C’est maintenant à ces jeunes de porter le flambeau et de changer cette culture. »

Benjamin Rutledge est un des deux seuls Blancs du groupe. « Je constate en marchant toute la souffrance subie par les Noirs et comment nous avons progressé en 50 ans. »

Benjamin Rutledge« Je constate en marchant toute la souffrance subie par les Noirs et comment nous avons progressé en 50 ans », confie Benjamin Rutledge. Photo : Radio-Canada / Christian Latreille

Le pari de Martin Luther King de voir un jour ses enfants ne pas être jugés pour la couleur de leur peau, mais pour ce qu’ils sont fondamentalement, est loin d’avoir été gagné. Le racisme fait encore des ravages aux États-Unis.

Les pieds meurtris, mais le cœur léger, nos jeunes marcheurs se sont finalement rendus à Memphis, mardi, à l’heure prévue. Ils ont marché, comme King l’a fait si souvent, pour une société plus juste et non violente.

À l’heure où les tensions raciales refont surface au pays de Donald Trump, plusieurs citoyens s’accrochent aux paroles d’espoir de Martin Luther King qui disait que c’est seulement lorsque le ciel est très noir que l’on peut voir les étoiles.

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