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Baleines noires : la saison de mise bas achève et aucun baleineau n'a été aperçu

Marc Costa et Charles Mayo dans un bateau.
Charles « Stormy » Mayo (à droite), du Centre des études côtières, et le capitaine Marc Costa (à gauche) à bord du navire de recherche Shearwater, au large du Massachusetts, le 28 mars 2018. Photo: Associated Press / Michael Dwyer
Radio-Canada

Alors que la saison où les baleines mettent leur progéniture au monde tire à sa fin, les scientifiques n'ont signalé aucun nouveau-né de baleines noires de l'Atlantique Nord au large des côtes américaines cet hiver. Certains espèrent toutefois que les femelles ont tout simplement changé d'emplacement pour la mise bas de leur petit.

L’espèce, gravement menacée d'extinction, a connu une année désastreuse en 2017 : en plus de cette apparente dénatalité, 17 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux canadiennes et américaines, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent, souvent après avoir été retenues prisonnières d’un filet de pêche ou avoir heurté un navire.

Il resterait environ 450 baleines noires dans le monde, dont une centaine de femelles.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009.Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009 Photo : Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre

Mais une équipe de chercheurs de la baie de Cape Cod s'accroche à l'espoir que des baleineaux apparaîtront soudainement cette année en provenance d'un lieu de mise bas qui aura jusqu'ici échappé aux observations des biologistes marins.

Charles « Stormy » Mayo, du Centre des études côtières à Provincetown, au Massachusetts, rappelle que l'an dernier, trois baleineaux avaient été observés dans leur lieu de mise bas habituel, au large de la Georgie et de la Floride. Or, peu de temps après, cinq autres ont été vus dans la baie de Cape Cod, ce qui laisse croire aux biologistes qu'il existe, quelque part, une autre « maternité » pour ces baleines.

M. Mayo prévient cependant qu'aucune preuve scientifique n'est venue jusqu'ici étayer cette thèse.

Trois scientifiques sur un bateau.De gauche à droite : Lauri Leach, Stormy Mayo et Lauren Goodwin observent les baleines noires de l'Atlantique Nord au large de Plymouth, au Massachusetts, le 28 mars 2018. Photo : Associated Press / Michael Dwyer

Son équipe aura l'oeil ouvert ce printemps dans cette baie où se retrouvent habituellement en mai certaines des quelque 450 baleines noires restantes, avant leur migration pour l'été vers le golfe du Saint-Laurent.

M. Mayo soutient que 109 baleines noires ont été signalées dans la région jusqu'ici, un peu plus tôt que d'habitude.

M. Mayo et d'autres experts croient que les baleines noires pourraient avoir modifié leur lieu de mise bas, un peu comme elles ont changé récemment d'aire d'alimentation. Elles passaient jadis l'été dans la baie de Fundy, pas encore dans le golfe du Saint-Laurent.

Une première depuis les années 1980

Si aucun nouveau-né n'est signalé cette année par les sentinelles, ce sera une première depuis les années 1980.

Des études théoriques suggèrent qu'au train où vont les choses, l'espèce pourrait disparaître de la planète d'ici 2040.

Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche.Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche. Photo : Radio-Canada / CBC/Shane Fowler

Clay George, biologiste au département des Ressources naturelles de l’État de la Georgie, ne croit pas que des baleineaux feront soudainement leur apparition cette année. Il rappelle par contre que le nombre de nouveau-nés peut varier considérablement d'une année à l'autre.

Ainsi, en 2000, on a signalé la présence d'un seul baleineau. L'année suivante, 31 petits nageaient aux côtés de leur mère.

M. George est tout de même préoccupé par le fait que le nombre de nouveau-nés a chuté de moitié depuis 10 ans, alors que le nombre de décès a atteint un sommet en 2017.

Les baleines noires de l’Atlantique Nord, qui ont une espérance de vie comparable à celle de l'humain, mettaient bas habituellement tous les trois ans. Cette fréquence varie maintenant de sept à dix ans.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Faune marine