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L'application du code vestimentaire dénoncée à l'École secondaire Mont-Bleu

Les élèves posent sur un terrain adjacent à l'école
Des élèves de l'École secondaire Mont-Bleu contestent l'application du code vestimentaire, une application jugée inéquitable. Photo: Radio-Canada / Christian Milette
Radio-Canada

Le mouvement des carrés jaunes a gagné l'École secondaire Mont-Bleu. Des élèves, certaines arborant ce symbole de protestation, ont bravé le code vestimentaire de l'établissement mardi et se sont fait expulser.

Les jeunes filles, qui s'étaient présentées à l'école en jeans troués et en pantalon moulant, mais en portant le chandail règlementaire, ont refusé de se plier à une directive de l'école exigeant qu'elles changent leur pantalon.

Plusieurs se sont fait montrer la sortie.

« Dès que je suis rentrée, un prof m'a approchée parce qu'évidemment j'avais des trous dans mes jeans et elle m'a dit que soit que je me change ou que je pars chez moi » , explique Brianna Pimentel, une élève de 15 ans.

Je me suis dit, moi je vais rester parce que si on fait juste se changer ou partir, ça ne va rien changer.

Brianna Pimentel, 15 ans

Samira Correia, une autre élève de 17 ans, dit qu'elle s'est fait montrer la porte quand elle a voulu faire valoir son point de vue.

Mais que veulent-elles changer ?

Les jeunes filles à qui Radio-Canada a parlé à l'extérieur de l'école soutiennent qu'elles ne veulent pas l'abolition du code vestimentaire. Elles veulent que ce code soit appliqué de façon équitable à toute la communauté étudiante, ce qui inclut les filles, les garçons et les enseignants.

« C'est l'égalité entre les filles et les garçons [que l'on veut], parce qu'il y a plein de garçons qui portent des jeans troués, des jeans aux genoux et ils ne se font pas avertir », explique Hannah-Georgette Saha, 16 ans.

La photo montre un pantalon troué en jeans et un pantalon noir sans trou.Des carrés jaunes pour protester contre le fait que des enseignants et des garçons peuvent porter des jeans troués à l'École secondaire Mont-Bleu, mais pas les filles. Photo : Radio-Canada / Christian Milette

« Il y a des garçons qui montrent plein de peau », poursuit-elle, « et qui ne se font pas avertir, alors que nous, on a juste un trou dans le jeans et on se fait expulser ou il faut aller se changer. »

On est en 2018 et le sexisme est censé être terminé depuis longtemps.

Hannah-Georgette Saha, 16 ans

Samira Correia estime que le code vestimentaire devrait s'appliquer également aux enseignants.

Si eux portent leurs pantalons troués ou des jupes courtes ou des robes moulantes, ça passe, mais une fille qui veut porter ses leggings ou ses pantalons troués aux genoux, ce n'est pas acceptable.

Samira Correia, 17 ans

« Je pourrais porter des shorts aux cuisses, mais pas des pantalons troués aux genoux, ce que je ne comprends totalement pas », ajoute-t-elle.

La jeune femme est interviewée à proximité de l'école.La mère d'une jeune protestaire à l'École secondaire Mont-Bleu appuie le mouvement des carrés jaunes. Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Mélanie Cecyre appuie la décision des élèves et de sa fille Samira de contrevenir aux directives vestimentaires de l'école.

Je trouve cela aberrant [...] qu'en 2018, on est rendu encore à se battre pour que les femmes soient couvertes et que les hommes ne le soient pas.

Mélanie Cecyre, mère de Samira Correia

Mme Cecyre indique que pour régler le problème, les dirigeants scolaires devraient imposer à tous les élèves un uniforme comme le font les écoles privées.

Le carré jaune de l'espoir

Mélie Trudel-Boisvert, une des instigatrices du mouvement des carrés jaunes à l'École secondaire Mont-Bleu, se dit que si ce mouvement a donné des résultats positifs à Québec, où il est né, il pourrait peut-être aider la cause des filles de Mont-Bleu.

Elle était accompagnée d'un ami, Cedrik Coyle, qui a décidé d'appuyer le mouvement des filles. L'élève portait un pantalon beaucoup plus troué que ceux de toutes les jeunes filles expulsées et a dénoncé le fait de ne pas avoir été averti par la direction.

Réaction laconique de la CSPO

La Commission scolaire des Portages de l'Outaouais (CSPO) a confirmé qu'une cinquantaine d'élèves de l'École secondaire Mont-Bleu ne s'était pas conformée au code vestimentaire de l'établissement mardi.

La CSPO nie toutefois avoir renvoyé ou suspendu des élèves, indiquant que les contrevenantes avaient plutôt été invitées à aller chez eux pour changer de vêtement.

Avec les informations de Christian Milette, de Claudine Richard et Jérôme Bergeron

Ottawa-Gatineau

Éducation