•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Seulement 6673 naissances au Nouveau-Brunswick en 2017

On voit les jambes d'un bébé couché sur le dos.

Le Nouveau-Brunswick a connu son taux de natalité le plus bas depuis 1946.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

La province connaît son taux de naissances le plus bas depuis qu'elles sont comptabilisées, soit depuis 1946. Ce taux baisse pour la neuvième année consécutive et atteint ainsi un nouveau record au Nouveau-Brunswick.

Erika Nelson a donné naissance à son fils Beauden, à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, en octobre dernier. Personne d’autre de son entourage n’a eu d’enfant en 2017.

Ce qu'Erika Nelson ressent au sein de sa communauté, des chercheurs le documentent depuis des années : de moins en moins de bébés viennent au monde au Nouveau-Brunswick. Seulement 6673 enfants sont nés dans la province en 2017. Cela représente une baisse de 6,3 % depuis 2011. C’est le déclin le plus important du pays.

Forte émigration des jeunes adultes

Le problème n’est pas le manque de bébés, mais le manque de parents, selon un démographe de l’Université de Western Ontario, Michael Haan.

Si on regarde la répartition de la population du Nouveau-Brunswick par catégorie d'âge, on voit qu'il y a un creux à l'âge où les gens ont tendance à avoir des enfants.

Michael Haan, démographe de l’Université de Western Ontario

De 2004 à 2015, pas moins de 17 252 Néo-Brunswickois ont quitté la province pour aller travailler en Alberta et, selon Michael Haan, plusieurs d’entre eux étaient jeunes. Ce sont leurs enfants, entre autres, qui ne naissent pas au Nouveau-Brunswick.

« C’est l'âge où les gens ont tendance à partir et à déménager de façon permanente, lorsqu'ils sont dans la vingtaine, en particulier à la fin de la vingtaine. »

Comment remédier à la situation?

Cette situation n’est pas irréversible, selon le professeur de l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, Gabriel Arsenault.

« C'est une période; l'Alberta n'a pas toujours été riche, ne le sera probablement pas toujours. Il y a eu un boom économique, c'est normal qu'il y ait des migrations interprovinciales. Quand il y a plus d'activités économiques dans une province, ça attire des jeunes. »

L'homme dans son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gabriel Arsenault, professeur à l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Mais pour garder les jeunes au Nouveau-Brunswick, il faut agir. « Il faut d'abord mettre l'accent sur le manque de dynamisme économique qui fait en sorte qu'on perd nos jeunes, entre autres », explique Gabriel Arsenault.

« Il y a aussi une dimension plus politique derrière, ajoute-t-il. Le Nouveau-Brunswick n'a pas de politique de conciliation travail-famille. Donc ça, ça serait définitivement une avenue à explorer pour augmenter le taux de natalité ou du moins permettre aux gens d’avoir des enfants. »

Plus de décès que de naissances

En attendant, l’avenir démographique du Nouveau-Brunswick est peu reluisant. En 2017, il y a eu 656 décès de plus que de naissances.

La province doit trouver un moyen d'augmenter le taux de fécondité ou d'attirer plus d'immigrants ou de jeunes provenant d'autres provinces, selon Michael Haan.

« On peut se débarrasser de la retraite obligatoire ou pousser les gens à travailler un peu plus longtemps, afin de maintenir une population active stable, dit-il, mais il n’y a pas de solution miracle. »

Avec les informations de Robert Jones et Pierre-Alexandre Bolduc

Nouveau-Brunswick

Société