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  • Judith Jasmin sur les traces de Martin Luther King

    En noir et blanc, Martin Luther King, en plein discours
    Le pasteur Martin Luther King s'adressant à une foule du haut d'un balcon, aux débuts des années 60 Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Il y a 50 ans, l'assassinat de Martin Luther King bouleversait l'Amérique. Son combat pour la reconnaissance des droits des Afro-Américains avait également résonné de ce côté-ci de la frontière. Dès le début des années 60, des reportages de Judith Jasmin retracent le parcours de cette figure mythique dans l'histoire des États-Unis.

    Le 4 avril 1968, le pasteur américain Martin Luther King est assassiné à Memphis, au Tennessee, où il est venu soutenir des éboueurs grévistes. James Earl Ray, le meurtrier du militant non violent pour les droits civiques, sera condamné à 99 ans de prison.

    Jeudi soir, un coup de feu à Memphis fait de nouveau basculer le destin de l’Amérique dans le drame et l’agonie.

    Judith Jasmin

    À l’émission Caméra 68 du 10 avril 1968, Judith Jasmin explique les répercussions de cette tragédie. Des émeutes ont éclaté un peu partout dans les grandes villes américaines. La communauté afro-américaine a perdu « un symbole de fierté », mais aussi « un garde-fou » contre la violence. Le meurtrier est d’ailleurs toujours recherché.

    La journaliste s’entretient au téléphone avec son collègue Réal Pelletier qui se trouve au cœur de l’action. D’abord à Chicago, il s’est déplacé à Baltimore où les autorités ont également instauré un couvre-feu et fait venir l’armée.

    Il témoigne des maisons brûlées, des commerces pillés, mais aussi des fausses rumeurs qui enveniment les relations déjà tendues entre Blancs et Noirs.

    La marche sur Washington

    Cinq ans plus tôt, Judith Jasmin avait couvert la grande marche sur Washington pour l'emploi et la liberté. Celle où Martin Luther King a lancé son « I have a dream ».

    Tous les slogans ont été épluchés, épurés. Pas un mot de haine, mais une seule note indéfiniment répétée : freedom, liberté

    Judith Jasmin

    Dans cet extrait diffusé à l’émission Champ libre du 2 novembre 1963, la journaliste résume cette journée historique. Sa description transmet bien l’ambiance qui règne sur place.

    Après avoir suivi les préparatifs, elle accompagne le cortège qui se met en branle, une « vaste armée, aimable, gentille, qui ne profère ni ne vocifère et vient demander poliment justice, et tout de suite ».

    Au bout de quatre heures, la marche se clôt au monument de Lincoln. Sur l’estrade d’honneur suivront les discours, dont celui du grand leader Martin Luther King.

    Le Nobel de la paix

    Celui que l’Université d’Oslo va honorer cette semaine, et à qui le roi du Danemark va remettre personnellement un chèque de 54 000 dollars, a fait de fréquents séjours en prison.

    Judith Jasmin

    Le 5 décembre 1964, alors que Martin Luther King s’apprête à recevoir le prix Nobel de la paix, Judith Jasmin revient sur son combat. À l’émission Champ libre, elle rappelle sa lutte non violente et les actions qui lui ont souvent valu d’être arrêté et emprisonné.

    En apprenant que lui serait décernée la plus haute distinction accordée à une œuvre humanitaire, le pasteur américain déclare que sa lutte pour la dignité des Noirs n’est pas seulement nationale, mais internationale, car elle concerne tous les hommes.

    Une ligne de pensée qui guide également Judith Jasmin au moment de conclure son reportage sur la grande marche de Washington :

    Des hommes libres, oui, souhaitons-le. Pour l’honneur et la paix des Américains comme de nous tous. Pour que toutes nos grandes phrases sur la liberté ne soient plus des mots creux. Pour sauver de la honte la civilisation dont nous nous réclamons.

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