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Données privées : l'appli de rencontres gaies Grindr critiquée à son tour

Une photo montrant un groupe de personnes en train d'utiliser leur cellulaire.

Cette polémique survient alors que Facebook est cloué au pilori depuis plus de deux semaines, accusé de n'avoir pas protégé les données de plus de 50 millions d'utilisateurs.

Photo : iStock / PeopleImages

Agence France-Presse

La célèbre application de rencontres homosexuelles Grindr a été critiquée, lundi, pour avoir laissé des entreprises tierces accéder à des données privées de ses utilisateurs, dont leur statut VIH.

« En tant qu'entreprise au service de la communauté LGBTQ, nous comprenons à quel point la révélation d'un statut VIH peut être un sujet délicat », a écrit Scott Chen, un des responsables de Grindr, dans un texte diffusé sur la plateforme Tumblr, reconnaissant que cela pouvait susciter des inquiétudes.

« Notre but a toujours été de promouvoir la santé et la sécurité de nos utilisateurs », poursuivait-il, confirmant que Grindr travaillait avec des entreprises comme Apptimize ou Localytics, chargées de tester l'application et qui, à ce titre, recevaient des données de Grindr.

Celles-ci sont « soumises à des clauses contractuelles strictes » de confidentialité, affirme encore M. Chen, soulignant que les utilisateurs peuvent choisir ou non d'indiquer sur leur profil leur statut VIH et que c'est donc à eux d'être vigilants.

Tout en affirmant limiter le partage de données au strict nécessaire, Grindr reconnaît que « parfois, ces données peuvent inclure des infos relatives à la localisation et au statut VIH, car ce sont des informations qui sont dans [l'application] ».

Selon le site d'information Axios, citant le chef de la sécurité de Grindr, Bryce Case, l'application a cessé de partager le statut VIH des utilisateurs avec des entreprises tierces.

Selon un chercheur du cabinet norvégien SINTEF, dont le travail a été rapporté lundi par le site d'informations BuzzFeed, toutes ces données partagées par Grindr rendent les personnes identifiables.

« Grindr n'a jamais vendu et ne vendra jamais d'information personnelle identifiable, en particulier les données relatives au statut VIH ou à la dernière date de test, à des tierces parties ou à des annonceurs », se défend aussi M. Chen.

« La confidentialité, ce n'est pas juste les numéros de cartes de crédit et les mots de passe. Partager des informations comme celles-ci peut mettre les Américains LGBT en danger », a réagi sur Twitter le sénateur américain Ed Markey.

L'association de défense des droits numériques Electric Frontier Foundation a jugé décevante la réponse de Grindr. « Vous avez trahi la communauté LGBT », a commenté un internaute sous le texte de Grindr.

Fondé en 2009, Grindr, dont l'application est gratuite, se qualifie de « plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gais ». Il a été le premier à utiliser la technologie de la géolocalisation sur téléphone intelligent. Le groupe américain revendique 3,6 millions d'utilisateurs actifs quotidiens.

Cette polémique intervient alors que Facebook est cloué au pilori, depuis plus de deux semaines, accusé de n'avoir pas protégé les données de plus de 50 millions d'utilisateurs, qui ont fini – via une application tierce – entre les mains d'une firme d'analyse de données qui les aurait utilisées à des fins politiques.

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