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Allégations de discrimination raciale envers le chef du Service de police d'Ottawa

Un agent du Service de police d'Ottawa en uniforme.

Khoa Hoang a été embauché par le Service de police d'Ottawa en 2017.

Photo : Courtoisie

CBC
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un policier canado-vietnamien, Khoa Hoang, a déposé une plainte contre le chef Charles Bordeleau et le Service de police d'Ottawa (SPO), alléguant qu'il a été la cible d'intimidation et qu'on a bloqué sa promotion en raison de ses origines et du fait de son témoignage contre certains de ses collègues.

Diplômé du Collège de police de l'Ontario, Khoa Hoang a reçu de nombreuses récompenses lors de sa carrière.

Dans sa plainte adressée au Tribunal des droits de la personne de l'Ontario (TDPO), Khoa Hoang, âgé de 37 ans, déclare que des cadres supérieurs du SPO ont ignoré ses plaintes concernant le harcèlement continuel dont il aurait été victime de la part de ses collègues et gestionnaires.

Près d'une douzaine de policiers, y compris des agents, des sergents, des sergents-majors et des inspecteurs, sont nommés dans sa plainte.

Khoa Hoang écrit qu'il vivait dans une peur constante de représailles au travail et que, de ce fait, il souffrait de crises de panique et de dépression.

« Déterminés à ruiner ma carrière »

« Il n'y avait pas de limite à la satisfaction de ceux qui m'intimidaient et qui étaient déterminés à ruiner ma carrière en tirant parti de leur position hiérarchique », écrit-il dans sa plainte.

Khoa Hoang a été recruté par le SPO en 2007. Il s'est rapidement fait un nom dans la police communautaire.

Dans sa plainte, il écrit qu'un officier supérieur aurait propagé des rumeurs comme quoi « on ne pouvait pas [lui] faire confiance », alors qu'il avait posé sa candidature pour un emploi en interne dans une unité d'assaut en 2014.

La même année, deux de ses superviseurs l'ont recommandé pour qu'il soit promu sergent. Dans un journal de suivi, ils ont noté ses performances : 28 points positifs et aucun point négatif. Khoa Hoang arrivait trente-quatrième dans un classement de 40 candidats admissibles à cette promotion.

Dans les documents déposés au tribunal, Khoa Hoang allègue qu'un collègue a ensuite déposé une plainte à son endroit et que des superviseurs qui, au départ, le soutenaient, devaient désormais faire face à la pression des officiers supérieurs et interféraient dans le processus de sélection « pour discréditer et manipuler les bons résultats de Khoa Hoang » en faveur d'un policier blanc qui arrivait derrière lui dans le classement.

Un policier reçoit une récompense pour le travail qu'il a accompli.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Khoa Hoang reçoit un Prix d’excellence pour l’application de la loi des mains du chef Charles Bordeleau.

Photo : Courtoisie

Le plaignant allègue que ses superviseurs l'ont harcelé en ayant recours à un processus disciplinaire dans le but de le faire taire et de masquer le racisme sous-jacent du processus de sélection.

Après que la plainte de l'agent de police contre l'officier vietnamien eut été jugée « non fondée », le sergent-chef de la patrouille de Khoa Hoang a décidé de mener une « enquête personnelle » sur les performances du plaignant.

Elle a révélé que Khoa Hoang a répondu à plus de 400 appels ces deux dernières années, même s'ils n'entraient pas dans le cadre de ses responsabilités, précise le plaignant dans sa plainte.

À la suite de l'enquête du sergent-chef, il a été dit à Khoa Hoang que sa direction avait constaté des problèmes importants d'inconduite et de rendement et qu'il aurait dû suivre un entraînement de 500 heures avec un officier.

Khoa Hoang a aussi dû s'excuser devant les policiers de sa section.

Quatre plaintes déposées au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario

Outre Khoa Hoang, trois autres policiers ont déposé une plainte au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario : l’inspecteur Samir Bhatnagar et les agents Matt Clarke et Pat Lafrenière.

En entrevue lundi, le chef Bordeleau a dit qu’il désapprouvait le fait que des membres de la police d’Ottawa puissent se sentir traités de façon injuste.

En réponse aux allégations de Khoa Hoang faisant état du fait que le chef Bordeleau aurait ignoré de la discrimination au SPO, ce dernier répond que quatre policiers noirs ont été promus au rang d’inspecteur et à des rangs supérieurs et que trois de ces promotions se sont faites sous sa gouvernance.

Le chef du SPO fait aussi part de son optimisme du fait que des officiers issus des minorités visibles pourraient bénéficier de changements. Un audit sur la diversité devrait être mené plus tard en avril et des consultants rencontreront des policiers issus des minorités visibles pour comprendre les obstacles auxquels ils font face au SPO.

Cet audit sur la diversité avait été promis à la suite de la mort d’Abdirahman Abdi, un Canadien d'origine somalienne de 37 ans, en juillet 2016.

En 2015, le SPO avait reçu les conclusions d’un audit concernant la façon dont les femmes étaient traitées au sein de l’organisation. Depuis, au moins une femme doit siéger aux comités de sélection qui décident des promotions.

« Nous avons été capables de faire des changements basés sur les informations et les preuves que nous avions pu rassembler [lors de l’audit] et nous ferons la même chose à la suite de l’audit sur la diversité. Et s’il existe des obstacles au sein du service de police, nous allons modifier cela », a conclu le chef Bordeleau.

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