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Mort de l'ex-dictateur guatémaltèque Rios Montt, accusé de génocide

Photo d'archives datant de juillet 2002 montrant l'ancien dictateur guatémaltèque, Efrain Rios Montt, dans son bureau lors d'une entrevue avec l'agence Reuters.

Photo d'archives d'Efrain Rios Montt, ancien dictateur guatémaltèque accusé de génocide.

Photo : Reuters / Jorge Silva

Agence France-Presse

Efrain Rios Montt, ancien dictateur guatémaltèque accusé de génocide et sous le régime duquel (1982-1983) ont été perpétrés les pires massacres en 36 ans de guerre de civile au Guatemala, est mort dimanche à 91 ans, ont annoncé ses avocats.

L'ex-dictateur est mort à son domicile d'un infarctus, a affirmé à la presse l'un des avocats qui l'avaient défendu durant son procès, Jaime Hernández.

Un autre de ses avocats, Luis Rosales, a déclaré que l'ex-chef d'État était « mort en paix, dans la tranquillité, et avec la conviction que son pays n'a jamais connu de génocide et qu'il était innocent des accusations portées contre lui » dans le cadre de la guerre civile qui a déchiré le pays entre 1960 et 1996.

L'ex-militaire, accusé d'avoir fait raser des villages mayas durant son régime, est mort alors qu'était en cours son procès pour génocide, qui se déroulait à huis clos. Les médecins lui avaient diagnostiqué une démence sénile et d'autres affections graves. Son état de santé lui aurait permis, en cas de condamnation, de purger sa peine à son domicile ou dans un centre d'accueil choisi par sa famille.

L'ancien chef de l'État avait été condamné le 10 mai 2013 à 80 ans de prison pour génocide, mais sa peine avait été annulée par la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle pour des vices de procédure.

Rios Montt était notamment accusé d'être responsable du massacre de 1771 Autochtones mayas Ixil dans le département de Quiché (nord).

Le dictateur était arrivé au pouvoir par un coup d'État le 23 mars 1982 et avait été renversé par son ministre de la Défense, Oscar Mejia Victores, le 8 août 1983.

Bien que bref, son passage au pouvoir a été considéré comme l'un des plus violents ayant marqué la guerre civile qui a ensanglanté le pays, selon un rapport de l'ONU de 1999 confirmant qu'un génocide avait été commis au Guatemala.
Selon ce rapport, entre 1978 et 1984 ont été commises 91 % des violations des droits de l'homme de la guerre civile, qui a fait au total 200 000 morts et disparus.

En pleine guerre froide, Efraín Ríos Montt avait mis en place, au nom de la contre-insurrection, une politique de la « terre brûlée » contre des communautés indigènes soupçonnées de soutenir les guérillas de gauche, dans le nord et le nord-est du pays.

Un passé militaire

Né le 16 juin 1926 dans le département de Huehuetenango, à la frontière avec le Mexique, il a intégré la police militaire à 18 ans. À 20 ans, il entame ses études d'officier, il finira général.

Entré en politique en 1973, il est candidat à l'élection présidentielle pour une coalition de centre gauche, avant de virer ensuite totalement à droite. Il aurait remporté la présidentielle de 1974, mais une fraude aurait finalement accordé la victoire au général Kjell Eugenio Laugerud.

En lot de consolation, il est envoyé comme attaché militaire à l'ambassade en Espagne de 1974 a 1977. Issu d'une famille catholique fervente - son frère Mario est évêque auxiliaire -, il a renoncé au catholicisme à son retour d'Espagne pour devenir pasteur protestant.

Évangélique fanatique, il invoquait Dieu dans chacune de ses interventions publiques, alors que le pays s'enfonçait dans la violence et la violation systématique des droits humains.

Il est finalement parvenu au pouvoir le 23 mars 1982, après un coup d'État contre le général Romeo Lucas Garcia (1978-1982). Un an plus tard, le 8 août 1983, il est lui-même renversé par son ministre de la Défense, Oscar Mejia Victores.

En 1989, Rios Montt a fondé le Front républicain guatémaltèque (FRG, droite), arrivé à la présidence en 1999 avec Alfonso Portillo (2000-2004). Sous les couleurs du FRG, Rios Montt a été trois fois député, entre 1994 et 2003, mais son plus grand souhait aurait été de revenir au pouvoir.

Bien qu'il soit interdit aux responsables de coups d'État de prétendre à la magistrature suprême au Guatemala, il a été candidat à la présidentielle de 2003, où il est arrivé en troisième position.

Efrain Rios Montt était père de deux enfants, Enrique, général retraité, et Zury, ex-députée et épouse du sénateur républicain américain de l'Illinois Jerry Weller.

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